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Bill Clinton rentre aux États-Unis avec les journalistes qui ont été graciées

Euna Lee, à gauche, et Laura Ling rentrent chez elles aux États-Unis après avoir été détenues en Corée du Nord pendant quatre mois
Euna Lee, à gauche, et Laura Ling rentrent chez elles aux États-Unis après avoir été détenues en Corée du Nord pendant quatre mois

Reuters via CPJ

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), l'Institut international de la presse (IIP) et Reporters sans frontières (RSF), qui sont membres de l'IFEX, ont salué la semaine dernière la libération des journalistes américaines Euna Lee et Laura Ling, incarcérées depuis mars dernier en Corée du Nord. À la suite d'entretiens exceptionnels avec le dirigeant ermite Kim Jong-il, qui a accordé sa grâce aux deux femmes, l'ancien président des États-Unis Bill Clinton est rentré au pays le 5 août avec les journalistes.

Les deux femmes avaient été arrêtées en mars près de la frontière de la Chine tandis qu'elles préparaient, pour la chaîne « Current TV », une entreprise de médias fondée par l'ancien vice-président Al Gore, un reportage sur le trafic de femmes de Corée du Nord vers la Chine. Elles avaient été condamnées en juin à douze ans de travaux forcés pour entrée illégale et s'être livrées à des « actes hostiles ».

D'après la soeur de Ling, Lisa Ling, qui s'est adressée aux reporters, les deux femmes ont passé la majeure partie de leur temps en isolement; elles mangeaient du riz mêlé de poussière de roche et, pour tout exercice, marchaient en rond dans leur cellule.

La libération des journalistes aboutit après des semaines de discrètes négociations entre le Département d'État et la mission nord-coréenne aux Nations Unies, a déclaré Daniel Sneider, directeur associé de la recherche au Shorenstein Asia-Pacific Research Center, de l'Université Stanford. La Secrétaire d'État des États-Unis, Hillary Clinton, avait lancé en juillet un appel à la Corée du Nord pour qu'elle fasse preuve de clémence.

Clinton « n'est pas allé négocier leur libération, il est allé cueillir les fruits de la négociation », a dit Sneider.

Le voyage de Bill Clinton pour obtenir la libération des deux journalistes, auquel on avait donné le caractère d'un « effort privé » et non d'une mission diplomatique officielle, a aussi débouché sur de rares entretiens avec Kim que les médias d'État ont qualifié d'« étendus » et d'« exhaustifs ». C'était la première rencontre de Kim avec une importante personnalité occidentale depuis l'accident cérébrovasculaire qu'il aurait subi il y a presque un an.

« Nous avons le plaisir de constater que le calvaire des deux journalistes est enfin terminé », dit l'IIP. « C'était une affaire compliquée, comportant d'importantes ramifications politiques. Notre souci, depuis le début, était que Laura Ling et Euna Lee étaient utilisées comme pions politiques dans l'impasse entre la Corée du Nord et les États-Unis sur la question nucléaire. »

Les familles des deux femmes ont fait une déclaration conjointe dans laquelle elles remercient le président Barack Obama, Hillary Clinton et le Département d'État pour leur travail.

« Nous remercions tout particulièrement le président Bill Clinton d'avoir accepté une mission aussi ardue, et le vice-président Al Gore pour ses efforts infatigables afin de ramener Laura et Euna à la maison », indique la déclaration affichée sur un site web consacré à la libération des deux journalistes.

RSF continue d'exiger la remise en liberté d'un troisième journaliste, un ressortissant coréen du nom de Kim Seong-cheol, toujours détenu par les autorités.

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