17 février 2004
Alerte
Le journaliste Khawar Mehdi Rizvi formellement inculpé devant une Cour antiterroriste
Détails de l'incident
Khawar Mehdi Rizvi
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(RSF/IFEX) - Le journaliste pakistanais Khawar Mehdi Rizvi a été formellement inculpé, le 12 février 2004, par la Cour spéciale pour la suppression du terrorisme de Quetta après que la police a finalisé son enquête. Les autorités maintiennent que le journaliste a organisé un faux reportage sur des groupes armés taliban pour les reporters de l'hebdomadaire français "L'Express". Deux autres Pakistanais, dont l'un est militant taliban, sont également inculpés. Le journaliste n'est pas apparu devant la cour.
RSF déplore que les autorités continuent à accuser, sans aucune preuve matérielle sérieuse, Rizvi de "conspiration" et "sédition". "Juger un journaliste respecté devant une cour antiterroriste est indigne d'un pays qui affirme respecter la liberté de la presse", a affirmé RSF.
Plus de 800 journalistes et professionnels des médias ont déjà signé une pétition internationale lancée par le Comité de soutien à Rizvi sur le site www.freekhawar.org.
Le 10 février, l'avocat du journaliste, Abid Saqi, a été autorisé à lui rendre visite dans la prison de Quetta. Il a pu lui faire part de la campagne internationale en faveur de sa libération. Rizvi a expliqué à son avocat que son arrestation et les charges qui pèsent sur lui visent à intimider les journalistes pakistanais et étrangers.
"Je suis innocent et le gouvernement a monté toute cette affaire pour porter atteinte à la crédibilité des médias étrangers (. . .). Je maintiens que les informations collectées avec mes confrères de "L'Express" sont vraies", avait affirmé Rizvi à son frère lors d'une visite précédente.
Selon plusieurs témoignages, Rizvi, 44 ans, est "faible" et "souffre des poumons", conséquences des tortures et des mauvaises conditions de détention. Le journaliste a déjà été détenu pendant plusieurs mois, dans les années 1980, pour son combat en faveur de la démocratie lors de la dictature du général Zia-ul-Haq.
La plainte initiale contre Rizvi, dont RSF a pu obtenir une copie, accuse les journalistes de "L'Express" d'avoir financé la réalisation d'un faux reportage sur des groupes armés taliban. Rizvi est accusé de "conspiration criminelle contre le gouvernement du Pakistan", de "sédition", et d'avoir "mis à mal la réputation internationale du Pakistan". Il risque la prison à vie.