13 mai 2009
Les journalistes fuient la vallée de Swat
Il ne reste que quelques journalistes dans la région agitée de la vallée de Swat au Pakistan pour couvrir l'offensive militaire du gouvernement contre les talibans, indiquent Reporters sans frontières (RSF) et d'autres dépêches sur le site web de la Fondation de la presse du Pakistan (Pakistan Press Foundation, PPF).
RSF rapporte que, pour des raisons de sécurité, les journaux nationaux ne sont plus distribués. Les résidents de Swat n'ont plus accès à la télévision par satellite depuis que les talibans ont endommagé l'unique réseau de distribution par câble du district, tandis que les journalistes fuient le secteur par mesure de sécurité.
Les autorités ont instauré un couvre-feu dans la vallée de Swat et les districts avoisinants afin d'empêcher les talibans de renforcer leurs positions dans la région.
« Il est maintenant impossible d'obtenir des renseignements confirmés de source indépendante sur ce qui se passe dans la vallée de Swat », dit RSF.
Ghulam Farouk, rédacteur en chef du quotidien local « Shamal », a déclaré à RSF que « tous les journaux basés dans la vallée de Swat ont cessé de paraître pour leur sécurité, parce que la situation est extrêmement dangereuse. Qui plus est, le couvre-feu rend impossibles les déplacements de notre personnel. » D'après les dépêches, Farouk et sa famille ont fui la Swat.
Le président du Club de presse de Swat, Salahuddin Khan, a déclaré aux reporters que les journalistes avaient quitté la vallée. « Nous quittons la Swat parce que nous sommes directement menacés de tous les côtés », dit-il. Khan a conseillé à tous les journalistes qui choisissent de rester à Mingora, principale ville de la Swat, de travailler à partir de chez eux.
RSF exige que les autorités pakistanaises donnent aux journalistes une meilleure protection et des permis « qui leur permettent de circuler pendant les heures du couvre-feu, de sorte qu'ils puissent faire leur travail. »