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Trois journalistes perdent la vie, deux d'entre eux dans un double attentat suicide

La Fondation de la presse du Pakistan (Pakistan Press Foundation, PPF), la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et d'autres groupes membres de l'IFEX rapportent que deux journalistes qui couvraient une discussion de stratégie antiterroriste lors d'une séance de conseil dans la ville frontière de Ghalanai, au nord-ouest du Pakistan, ont été tués le 6 décembre dans un double attentat suicide.

Abdul Wahab, reporter à Express News TV et ancien secrétaire général du Club de Presse de Ghalanai, et Pervez Khan, reporter à Waqt News TV, figurent au nombre des victimes, une cinquantaine de personnes au moins, qui ont perdu la vie lorsque deux kamikazes ont fait sauter leur charge devant le quartier général du district tribal de l'Agence Mohmand. Un autre journaliste, Mohib Ali, de l'agence de nouvelles NNI News, a été blessé, comme une centaine au moins d'autres personnes.

D'après les dépêches, deux kamikazes vêtus d'uniformes de paramilitaires se sont fait sauter au milieu d'une foule importante qui comptait des aînés tribaux et des volontaires d'un comité de pacification.

Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) a revendiqué la responsabilité de cet attentat, affirmant qu'il s'agissait d'une réaction à l'opération militaire survenue dans la région Teshil Safi de l'Agence Mohmand. Le chef taliban Umer Khalid a aussi menacé de commettre encore plus d'attentats contre tous ceux qui se joindraient aux opérations militaires contre les Talibans.

La FIJ rapporte qu'au moment de l'attentat, selon les collègues de Wahab et de Khan, les deux journalistes préparaient un reportage sur le sort des personnes déplacées.

À la suite de l'attentat, le Syndicat fédéral des journalistes du Pakistan (PFUJ) a réitéré sa demande que le parlement élabore immédiatement une « Loi sur la protection des professionnels des médias et les responsabilités des gestionnaires des médias ». Aux termes de cette loi, les employeurs auraient la responsabilité de s'assurer que leur personnel a la formation et l'équipement nécessaires pour travailler dans les régions instables du Pakistan.

Le PFUJ a annoncé qu'il observerait trois jours de deuil, qu'il hisserait des drapeaux bordés de noir et qu'il tiendrait des réunions de condoléances dans les clubs de presse, les syndicats et les centres de nouvelles à travers le pays.

Dans un autre incident sans rapport avec le précédent, le journaliste Altaf Chandio a été abattu par des inconnus le 5 décembre chez lui à Sindh, rapportent la FIJ et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Chandio était président du club de presse de Mirpurkhas, dans le Sindh, et correspondant en chef de la chaîne privée en langue sindhi « Awaz ». On ne sait pas si le mobile du meurtre a quelque chose à voir avec le travail de la victime.

La FIJ et RSF font remarquer que le Pakistan est en 2010 le pays le plus dangereux du monde pour les journalistes, avec au moins 11 journalistes et travailleurs des médias tués jusqu'à maintenant cette année.

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