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Les journaux sont piégés dans un bourbier politique; les journalistes se font lancer des bombes assourdissantes

La distribution de trois journaux palestiniens, favorables au Fatah et publiés en Cisjordanie, a été bloquée dans la Bande de Gaza. Les trois journaux se sont fait dire de ne pas critiquer le gouvernement du Hamas s'ils veulent être autorisés à pénétrer dans le pays, rapportent le Centre palestinien pour le développement et la liberté des médias (MADA), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Index on Censorship. Le MADA condamne en outre le recours par les forces israéliennes aux gaz lacrymogènes et aux bombes assourdissantes contre les journalistes palestiniens qui ont couvert les manifestations de protestation la semaine dernière.

Les journaux « Al-Hayat al-Jadida », « Al-Ayyam » et « Al-Quds » étaient interdits depuis 2008 dans le cadre des sanctions israéliennes contre la Bande de Gaza. Les autorités israéliennes ont levé récemment l'interdit et autorisé les trois journaux à entrer à Gaza le 7 juillet, mais les forces de sécurité du Hamas ont intercepté les distributeurs à Gaza et les ont empêchés de les ramasser.

En plus d'accepter de ne pas critiquer le Hamas, les propriétaires des trois quotidiens subissent des pressions pour qu'ils permettent aux journaux « Felesteen » et « Al-Risalah » d'être imprimés et distribués en Cisjordanie, dont l'accès leur est bloqué depuis juin 2007.

Le président du Syndicat des journalistes palestiniens et chef de la rédaction d'« Al-Ayyam », Abdel Nasser Alnajar, exige que les autorités de Cisjordanie et de Gaza évitent d'impliquer les médias dans les divisions politiques entre le Fatah et le Hamas.

Les journalistes palestiniens ont subi les 16 et 17 juillet tout un assaut de la part des soldats israéliens « qui ont lancé des bombes lacrymogènes et des bombes assourdissantes dans les jambes des journalistes, pour les empêcher de prendre des photos », dit le MADA. Plusieurs journalistes palestiniens couvraient les manifestations non violentes qui se déroulaient dans les villes de Beit Omar, près de Hébron, et d'Alma'sara, près de Bethléhem. Un journaliste a été frappé par une bombe assourdissante « sous l'oreille gauche, ce qui lui a fait perdre connaissance et lui a percé le tympan et endommagé le principal nerf auditif », rapporte le MADA. D'autres journalistes ont été arrêtés et tabassés.

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