4 septembre 2001

Alerte

Les trois journalistes poursuivis par un ancien colonel sont acquittés


Détails de l'incident

Hugo Gonzáles Henostroza, Jesús Alfonso Castiglione Mendoza, Martín Gómez Arquiño

journalist(s)

acquitted

Disponible en :

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(IPYS/RSF/IFEX) - Ci-dessous, un communiqué de presse del IPYS et RSF, daté du 30 août 2001 :




RESEAU RSF
COMMUNIQUE DE PRESSE

30 août 2001

PEROU

Les trois journalistes poursuivis par un ancien colonel sont acquittés

Le 17 août 2001 Magdalena Sofía Salazar de Solís, juge de la 1re Chambre pénale de Huaraz, a acquitté les journalistes Jesús Alfonso Castiglione Mendoza, Martín Gomez Arquiño et Hugo Gonzáles Henostroza ainsi que les autres personnes visées par la plainte pour
"diffamation" déposée par l'ancien colonel de la police nationale, Yldorfo Cueva Retuerto.

Dans sa résolution, la juge a considéré que les journalistes s'étaient contentés d'accomplir leur devoir d'information en rapportant des faits relatifs à la "lutte antisubversive" dans la région d'Ancash, et en particulier à Huaraz où l'ancien colonel occupait la fonction de responsable de l'agence de lutte contre le terrorisme (Jefatura Contra el Terrorismo, Jecote). Magdalena Sofía Salazar de Solís a également souligné que les preuves présentées par le plaignant ne permettaient pas de réfuter les témoignages et les éléments présentés par les journalistes.

Le 8 mai 2001, l'ancien officier de police avait porté plainte pour "diffamation" contre Jesús Alfonso Castiglione Mendoza, Martín Gomez Arquiño et Hugo Gonzáles Henostroza, après les révélations publiées dans la presse par ces derniers pour protester contre sa nomination comme préfet du département d'Ancash. Le 20 avril 2001, suite à ces révélations, l'ancien militaire a été destitué par le gouvernement du président Valentín Paniagua. Yldorfo Cueva Retuerto demandait un million de sols (environ 320 000 euros) de dommages et intérêts.

Les trois journalistes avaient mis en cause l'autorité morale de Cueva Retuerto pour occuper une telle charge. Ils avaient dénoncé les abus présumés commis par le nouveau préfet de la région dans le cadre de "la lutte contre la subversion" au cours des premières années du gouvernement d'Alberto Fujimori. Ils l'avaient notamment accusé d'avoir pratiqué la torture sur des journalistes et d'autres personnes qui, sans preuves suffisantes, étaient accusés d'activités terroristes.

Le cas du journaliste Alfonso Castiglione Mendoza était devenu emblématique. Après avoir été détenu par Cueva Retuerto pour ses "liens présumés avec la subversion", il avait été torturé puis présenté comme un "haut commandant" de la subversion.

Alfonso Castiglione a été arrêté le 27 avril 1993 pour collaboration avec une organisation terroriste. Il avait été condamné à vingt ans de prison sur la base d'une seule "preuve" : une lettre de recommandation, soi-disant signée de sa main, à un terroriste afin qu'il puisse louer une chambre à Huaraz. La lettre n'avait jamais été produite par l'accusation. D'après Yldorfo Cueva Retuerto, cette chambre a été utilisée comme une planque par des membres du Sentier lumineux après un attentat de ce groupe armé contre la prison de la ville. Alfonso Castiglione a été libéré le 1er octobre 1996 après avoir bénéficié d'une mesure de grâce. Auparavant, il avait été déclaré prisonnier d'opinion par Amnesty International.

Dans un communiqué publié le 20 juillet 2001, l'Institut Presse et Société (Instituto Prensa y Sociedad, IPYS) et Reporters sans frontières (RSF) avaient demandé à la 1re Chambre pénale de Huaraz de ne pas donner suite à la plainte pour "diffamation" déposée par le colonel Cueva Retuerto contre les trois journalistes. RSF et l'IPYS avaient également annoncé qu'elles dénonceraient M. Cueva Retuerto, pour ses activités contre les journalistes lorsqu'il était responsable de la lutte contre le terrorisme, devant la Commission de la vérité chargée d'identifier les responsables des violations des droits de l'homme commises entre 1980 et 2000.





Source:

Instituto Prensa y Sociedad
Sucre N° 317
Barranco, Lima
Perú
alertas (@) ipys.org
tél: +51 1 2474465
téléc: +51 1 2473194
 
Reporters sans frontières
47, rue Vivienne
75002 Paris
France
rsf (@) rsf.org
tél: +33 1 44 83 84 84
téléc: +33 1 45 23 11 51
@rsf_rwb
 

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