7 février 2005

Alerte

La vague de censure continue : nouvelles fermetures de radios et télévisions privées


Détails de l'incident

German Roque

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(RSF/IFEX) - RSF s'élève contre la vague de censure qui frappe les radios et télévisions privées du Togo depuis la prise du pouvoir par Faure Gnassingbé, dénonçant les procédés autoritaires et hypocrites des autorités pour parvenir à faire taire les voix discordantes.

"Les intentions des autorités sont désormais claires : réduire au silence les voix indociles, a déclaré l'organisation. Le dispositif indépendant mis en place au Togo pour réglementer le secteur des médias ne remplit plus son rôle. L'Autorité de réglementation des secteurs des postes et télécommunications (ART&P) n'est plus que l'exécutant des basses besognes du pouvoir. Les procédés autoritaires et hypocrites utilisés pour censurer les médias d'opposition ne dupent personne. Nous sommes totalement solidaires des organisations professionnelles togolaises, qui sont prises dans un engrenage de plus en plus inquiétant", a conclu RSF.

Depuis la mort du président Gnassingbé Eyadéma et la prise du pouvoir par son fils, Faure Gnassingbé, sept radios et deux chaînes de télévision privées ont été fermées sous des prétextes changeants, allant de "l'incitation à la révolte" à des "raisons fiscales". Dans un communiqué diffusé le 16 février 2005 par la radio publique, l'ART&P a déclaré que cette vague de fermetures "avait été programmée de longue date et avait été discutée avec le représentant de l'Union des radios et télévisions libres du Togo (URATEL) il y a au moins six mois". Le texte de l'ART&P explique que "malgré les mises en garde répétées au président de l'URATEL, une soixantaine de radios et télévisions sur les 87 radios et télévisions privées n'ont pas daigné honorer leurs obligations". L'ARET prévient enfin que "ce programme s'étendra dans les prochains jours à toutes les radios et télévisions de l'intérieur qui ne sont pas en règle".

Interrogé par RSF sur ce communiqué, Jacques Djakouti, président de l'URATEL, a confirmé que des négociations avaient bel et bien été engagées entre l'ART&P et les médias débiteurs. "De nombreuses radios ont proposé un échéancier et ont commencé à payer leurs dettes quand les négociations ont été brutalement interrompues il y a quelques jours, a-t-il déclaré. D'un seul coup, on a exigé le versement immédiat et intégral de toutes les redevances". Pour Peter Dogbé, directeur de la radio Nana FM et secrétaire général de l'Union des journalistes indépendants du Togo (UJIT), le communiqué de l'ART&P est "dilatoire". "Le 25 janvier, j'ai proposé un échéancier qui, s'il était suivi, m'aurait permis de payer tous les arriérés de ma radio au 31 mai, y compris la redevance pour l'année 2005, a-t-il expliqué à RSF. Je n'ai jamais reçu de réponse à ma proposition". De plus, d'après les informations recueillies auprès de certaines radios, le mandat de fermeture est daté du 11 février, alors que la note de l'ART&P porte la date du 14.

Trois organisations togolaises ont condamné ces fermetures en série, dans un communiqué commun transmis le 16 février à RSF. L'Observatoire togolais des médias (OTM), l'UJIT et l'URATEL déclarent s'inquiéter de "cette mesure qui arrive à une période où la nation traverse une crise sans précédent et où les populations ont plus que besoin d'informations crédibles en temps réel". Ces organisations "[déplorent] que cette mesure ne soit autre qu'une volonté d'hypothéquer les récents acquis du Togo en matière de liberté de la presse et [s'inquiètent] de l'avenir des médias à promouvoir une pensée plurielle dans notre pays".

En plus de Radio Nana FM, Radio Kanal FM, Radio Nostalgie, Radio Lumière et la chaîne de télévision TV7, fermées entre le 6 et le 11 février, trois nouvelles stations de radio et une chaîne de télévision privées ont été fermées le 15 février. Radio Carré jeune, Radio Zion et Télévision Zion, réputés proches de l'opposition politique, ainsi que la station musulmane Radio Djabal'nour, ont reçu des ordres de fermeture.



Source:

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