28 mars 2005
Alerte
Une journaliste assassinée
Détails de l'incident
Marlyn Garcia Esperat
journalist(s)
killed
(RSF/IFEX) - Le 24 mars 2005, Marlyne Garcia Esperat, éditorialiste pour l'hebdomadaire "Midland Review", a été assassinée par des inconnus, à son domicile de Tacurong (située sur l'île de Mindanao, au sud du pays). Il s'agit du deuxième meurtre de journaliste aux Philippines depuis le début de l'année.
RSF "exprime son horreur après ce nouvel assassinat dans l'archipel qui s'est déroulé dans le cadre familial et au moment des fêtes de Pâques. Il est urgent de rétablir un climat favorable au travail des professionnels de l'information qui font l'objet de violences répétées et dont les auteurs bénéficient d'une totale impunité. Nous vous demandons de prendre les mesures nécessaires pour protéger les journalistes et de vous assurer qu'une enquête sérieuse déterminera les motifs exacts de l'assassinat de Marlyne Garcia Esperat. Aucune hypothèse ne doit être écartée mais la piste professionnelle semble d'ores et déjà la plus vraisemblable. Une mission de Reporters sans frontières se rendra aux Philippines du 7 au 13 avril, afin d'enquêter notamment sur les assassinats de journalistes", a écrit l'organisation au ministre de l'Intérieur, Angelo Reyes.
Garcia Esperat bénéficiait d'une escorte policière. Le 24 mars, elle a pourtant donné congé à ses gardes du corps, à l'occasion des fêtes de Pâques. Selon la police locale, deux tueurs ont fait irruption du domicile de la journaliste vers 19h30 (heure locale), et l'ont tuée d'une balle dans la tête, sous les yeux de sa fille de 10 ans. En tirant, le meurtrier a simplement déclaré : "Bonsoir, chère madame". Selon des témoins cités par la police, le tueur aurait ensuite tranquillement quitté les lieux à pied, en compagnie de son complice.
L'éditorialiste du "Midland Review" avait 45 ans.
"Nous n'avons pas encore établi les motifs de ce meurtre, mais il n'est pas exclu qu'elle ait été tuée en raison de ses activités journalistiques", a déclaré l'inspecteur général Raul Supiter, directeur de la police de Tacurong, au journal "Mindanews". La journaliste était effectivement réputée pour sa croisade anti-corruption et pour le caractère corrosif de ses commentaires. Selon le quotidien "Inquirer", peu de temps avant sa mort, Garcia Esperat menait une enquête sur des affaires de népotisme dans la ville de Sultan Sa Barongis (île de Mindanao) et sur une escroquerie d'environ 750 000 euros (environ 966 255 $US) au bureau du service régional d'agriculture de la ville.
L'archipel est considéré comme le second pays le plus dangereux pour les journalistes après l'Irak. Le 28 février, Arnulfo Villanueva, chroniqueur pour le journal "Asian Star Express Balita", avait été découvert mort à Naic, dans la province de Cavite, au sud de Manille (consulter l'alerte de l'IFEX du 2 mars 2005). Depuis le début de l'année, au moins six autres journalistes ont été menacés de mort ou violemment agressés.
Source:
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