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Les membres de l'IFEX exigent justice pour les journalistes tués

Des groupes de défense de la libre expression exigent la fin de l’impunité après le massacre d’au moins 30 journalistes aux Philippines.
Des groupes de défense de la libre expression exigent la fin de l’impunité après le massacre d’au moins 30 journalistes aux Philippines.
L'attentat meurtrier de la semaine dernière contre les journalistes des Philippines est ancré dans une culture d'impunité qui, sous le régime actuel, dégénère en une intolérance brutale à l'égard de la nouvelle indépendante. Le choc ressenti à la suite de ce massacre d'au moins 30 journalistes et travailleurs des médias a poussé 52 groupes membres de l'IFEX à appeler les autorités du pays à s'attaquer aux problèmes plus vastes qui entravent la libre expression.

Un environnement où la violence et le crime restent impunis, dans lequel le problème de l'impunité couve, débouche sur des tragédies de ce gente, dit l'action conjointe des 52 membres, prise à l'initiative conjointe du Centre pour la liberté et la responsabilité des médias (Center for Media Freedom and Responsibility, CMFR), et de l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA), organisation régionale basée à Bangkok. « Le massacre des journalistes à Maguindanao ébranle notre communauté. C'est un crime d'une telle ampleur et d'une telle horreur qu'il ne se compare à rien que nous ayons pu voir. » Plus de journalistes ont été tués sous la gouverne d'Arroyo que sous tout autre gouvernement des Philippines.

L'action conjointe invite le gouvernement des Philippines à traduire les auteurs en justice et rejette les propositions de gouvernement d'urgence et de contrôle militaire, qui ne feraient que restreindre encore davantage l'accès à l'information.

Dans une déclaration distincte, Human Rights Watch souligne que les allégations d'implication des forces de sécurité et de milices locales devraient faire l'objet d'une enquête en profondeur.

Selon Human Rights Watch, en effet, le massacre survenu récemment révèle « l'incapacité du gouvernement de Gloria Macapagal-Arroyo à faire rendre des comptes aux auteurs d'exécutions extrajudiciaires ». Des centaines de membres de partis politiques de gauche, de défenseurs des droits de la personne, de journalistes et de membres du clergé au franc parler ont été tués ou ont disparu depuis l'accession au pouvoir de la présidente Arroyo, en 2001.

L'embuscade tendue en bordure de la route et le meurtre de parents et de partisans d'Ismael Mangudadatu sont survenus le 23 novembre. Le groupe a été enlevé et assassiné afin d'empêcher Mangudadatu de se porter candidat contre Andal Ampatuan, le maire actuel, membre du parti au pouvoir. Des journalistes locaux ont déclaré à Reporters sans frontières (RSF) que les journalistes et les avocats qui faisaient partie du groupe ont été tués afin d'éliminer les témoins.

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) rapporte que 59 cadavres ont été découverts dans des fosses peu profondes, souvent décapitées et gravement mutilées. RSF rapporte que les autorités ont arrêté Andal Ampatuan Jr., principal suspect dans ce massacre, et que plusieurs membres de la police locale sont détenus.

D'après le Syndicat national des journalistes des Philippines (National Union of Journalists of the Philippines, NUJP), organisation affiliée à la FIJ, les attentats continuent contre la presse. Le 27 novembre, trois inconnus ont tiré des coups de feu sur la résidence du président du Negros Press Club et ancien président national du NUJP, Edgar Cadagat, à Bacolod City. Cadagat n'était pas chez lui au moment de l'attentat.

La FIJ a lancé un appel à une Journée mondiale de Solidarité le 9 décembre afin de soutenir les collègues des Philippines dans leur exigence de justice. La journée d'action coïncidera avec le passage d'une mission internationale de la FIJ à Manille, la capitale, du 7 au 10 décembre.

Pour plus de renseignements sur l'appel de la FIJ et sur le Fonds international de sécurité de la FIJ destiné à venir en aide au NUJP et aux familles des journalistes tués, prière de consulter :
Global Day of Solidarity (Journée mondiale de Solidarité)

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