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RÉGIONS:

Deux journalistes interrogés par la police pour des articles sur la Casamance



(RSF/IFEX) - Dans une lettre adressée au ministre de l'Intérieur, Général Mamadou Niang, RSF a protesté contre l'interpellation, le 12 décembre 2000, de Mamadou Thierno Talla et de Sidy Diop, respectivement directeur de la publication et journaliste du quotidien dakarois "Le Populaire". RSF a également exprimé sa préoccupation après les déclarations hostiles à la liberté de la presse faites par certains responsables gouvernementaux concernant la couverture des négociations entre le gouvernement et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC - mouvement séparatiste du sud du pays). "Dans ce contexte, cette interpellation est très préoccupante et nous demandons à être informés du motif ainsi que des suites données à cette affaire", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. "Ces déclarations vont à l'encontre des engagements internationaux pris par le Sénégal, tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, qui garantissent la liberté d'expression," a-t-il précisé.




Selon les informations recueillies par RSF, Thierno Talla et Diop ont reçu, le 12 décembre, une convocation leur demandant de se présenter immédiatement à la Division des investigations criminelles (service de police judiciaire). Ils ont été interrogés pendant trois heures sur le dossier publié par "Le Populaire" le même jour et intitulé "Les origines du conflit casamançais : entre brouillage historique et rivalités ethniques". Le dossier de quatre pages retrace la chronologie du conflit opposant le MFDC au gouvernement et rappelle notamment les revendications du MFDC. Suite à cet interrogatoire, les deux journalistes ont été libérés sans être informés des suites qui seront données à cette affaire.

Cette interpellation intervient après une série de mises en garde gouvernementales à l'égard de la presse. Le 4 décembre dernier, le général Niang a menacé de poursuites les auteurs de "propagande, diffusion ou amplification de propos séparatistes". De même, le 10 décembre, le président de la République, Abdoulaye Wade, a déclaré que la liberté de la presse doit avoir des "limites", notamment pour le traitement de certains sujets "sensibles".



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