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Le recours à la diffamation civile, une tendance troublante en Slovaquie, dit l'IIP

En Slovaquie, les poursuites civiles en diffamation frappent d'une manière disproportionnée les journalistes et organisations de médias critiques, ce qui pourrait avoir pour effet pervers d'inciter à l'autocensure, dit l'Institut international de la presse (IIP) dans un nouveau rapport.

Dans une des affaires les plus troublantes, un tribunal régional de Bratislava a statué en novembre dernier que la station de radio privée « Radio Viva » doit verser à un juge slovaque plus de 30 000 euros (39 000 $US) en réparations pour diffamation en rapport avec un reportage de 2004 sur des accusations de fraude portées contre celui-ci. L'amende a été décernée en dépit que le reportage du radiodiffuseur se fondait sur des renseignements provenant du ministère de l'Intérieur.

Selon l'évaluation de la liberté de la presse en Slovaquie par l'IIP, le juge poursuit au moins dix entreprises de nouvelles pour avoir rapporté la même information en provenance du ministère de l'Intérieur et tente d'obtenir des réparations de plus de 4,3 millions d'euros (5 591 300 $US).

« La décision dans le cas de Radio Viva a des répercussions sur les autres radiodiffuseurs du pays », dit le directeur de l'IIP, David Dadge. « La décision est perçue comme ayant été rendue en dépit du fait que la station de radio opérait bien à l'intérieur des limites d'un journalisme équitable et équilibré. La confiance dans le système judiciaire, dans sa capacité à traiter ce genre de situation, s'en est trouvée considérablement minée. »

Le rapport constate en outre que les politiciens utilisent les forums publics pour attaquer les médias. Le premier ministre Robert Fico, en diverses occasions, a traité les journalistes d'« idiots » et les a comparés à des « serpents visqueux ».

La mission d'évaluation de l'IIP en Slovaquie était la première de ce qui deviendra une série d'évaluations similaires à réaliser dans des pays d'Europe centrale et de l'Est.

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