21 juin 2000
Alerte
Un journaliste sanctionné par la Présidence
Détails de l'incident
Kim Jin-Kook
journalist(s)
banned
(RSF/IFEX) - Dans une lettre adressée au chef du service de presse de la présidence de la République, Park Joon-Young, RSF s'est inquiétée des sanctions prises à l'encontre du journaliste Kim Jin-Kook. RSF a demandé à Park que le journaliste puisse de nouveau couvrir les activités du chef de l'État. Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation, a rappelé aux autorités que "les lois coréennes garantissent la liberté de la presse".
Selon les informations recueillies par RSF, les services de presse de la Maison Bleue (la présidence sud-coréenne) ont interdit, le 20 juin 2000, l'entrée des bâtiments officiels à Kim Jin-Kook, journaliste accrédité du quotidien "Joong-Ang Ilbo". Les autorités lui reprochent d'avoir écrit un article intitulé "La Corée du Nord a promis de réviser les statuts du Parti du travail", affirmant que le président nord-coréen, Kim Jong-Il, a promis à son homologue sud-coréen de revoir certains textes qui définissent la Corée du Sud comme un "ennemi". Selon les autorités de Séoul, cette information risque de compromettre le dialogue inter coréen, et aurait été donnée "off the record" par les services de sécurité lors d'une réunion avec la presse. De son côté, Kim Jin-Kook affirme que l'article a été écrit par l'un de ses confrères, avant cette rencontre.
Au cours du sommet entre Kim Jong-Il et Kim Dae-Jung, qui s'est tenu du 13 au 15 juin dernier, à Pyongyang, seul un pool de dix-sept journalistes sud-coréens a été autorisé par le gouvernement de la Corée du Nord à couvrir l'événement. Les reporters ont fait l'objet d'un contrôle très strict de la part des services de sécurité nord-coréens. Selon Shi Yong Chon, du quotidien "The Herald", présent à Pyongyang, certains journalistes ont été empêchés de sortir de leur hôtel. Enfin, les médias accrédités ont dû se plier aux conditions des autorités de Séoul : ne pas publier d'informations qui puissent contrarier les dirigeants communistes et compromettre cette rencontre historique.