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RÉGIONS:

Un journaliste américain, son interprète et son chauffeur arrêtés dans le Nord-Darfour

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières exige la libération du journaliste Paul Salopek, correspondant du quotidien privé américain "Chicago Tribune", ainsi que de son interprète et de son chauffeur, tous deux de nationalité tchadienne, Suleiman Abakar Moussa et Abdulraman Anu, détenus depuis le 6 août 2006 à El-Fasher (capitale du Nord-Darfour, Ouest) et accusés d'"espionnage" et d'entrée illégale sur le territoire soudanais.

"Les journalistes étrangers sont des témoins de plus en plus gênants pour le gouvernement soudanais. Les arrêter et les traiter comme des espions est un moyen de dissuader la presse de s'intéresser au drame humain insupportable qui se déroule au Darfour. C'est ridicule et indigne. Paul Salopek et ses collaborateurs sont des professionnels de l'information, qui ont agi dans le strict cadre de leur métier. Ils doivent être remis en liberté au plus vite", a déclaré Reporters sans frontières.

Paul Salopek, qui réalisait un reportage sur la région du Sahel pour le mensuel privé "National Geographic", a été arrêté par les forces de sécurité gouvernementales le 6 août en compagnie de ses collaborateurs. Il était en possession de deux passeports américains, une pratique fréquente pour les journalistes couvrant les zones de conflit, et de photographies satellites de la région disponibles sur Internet. Le 26 août, il a comparu devant un tribunal d'El-Fasher et a été inculpé d'"espionnage" et de "diffusion illégale d'informations", deux infractions sanctionnées par plusieurs années de prison dans le code pénal soudanais. Il a également été accusé d'avoir pénétré sur le territoire soudanais sans visa. A la demande de l'avocat du journaliste, le président du tribunal a renvoyé son procès au 10 septembre.

Le 14 août 2006, la cour pénale d'El-Fasher avait condamné l'écrivain et photographe Tomo Kriznar, par ailleurs conseiller du président slovène et militant des droits de l'homme, à deux ans de prison et 500 000 dinars (environ 1820 euros) d'amende pour "espionnage", "publication de fausses nouvelles" et "entrée au Soudan sans visa". Son avocat a fait appel de cette condamnation (consulter l'alerte de l'IFEX du 17 août 2006).

Le 11 juillet 2005, devant une assemblée composée de plusieurs présidents africains, du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, et de nombreux officiels européens et américains, le président Omar Al-Bechir avait affirmé qu'il s'engageait à soutenir la démocratisation du pays, ainsi que l'Etat de droit et les libertés, et la fin des lois d'exception. Depuis cette date, la pression que les forces de sécurité faisaient peser sur les médias soudanais s'était allégée. Aucun cas de censure officielle n'avait été enregistré et les arrestations de journalistes étaient rares. Toutefois, il est devenu difficile pour les journalistes étrangers d'obtenir des visas pour le Soudan. De plus en plus d'entre eux choisissent par conséquent d'entrer sur le territoire soudanais par la frontière tchadienne.

De plus, la pression internationale autour de la situation au Darfour a durci l'attitude du gouvernement à l'encontre de la presse. Ainsi, le 16 août 2006 à 2 heures du matin (heure locale), Naser Eldien Ahmed Altayeb, journaliste du quotidien privé arabophone "Al-Ayam", a été arrêté et sévèrement battu à coups de bâton par une vingtaine d'agents de police. Il avait publié un reportage sur l'expulsion forcée de réfugiés du Sud-Soudan et du Darfour à Dar-al-Salaam (30 km au sud de Khartoum), qui étaient installés depuis une vingtaine d'années sur un terrain récemment vendu à un promoteur immobilier égyptien. Il est actuellement soigné à l'hôpital universitaire de Khartoum.

Le 15 août, Mougahed Abdalla, journaliste du quotidien privé "Ray Alshab", Abdoulgasiem Farahna, du quotidien privé "Alowan", Moutaz Mahjoob, du quotidien privé "Al-Adwaa", et Mouheb Maher, journaliste du quotidien privé "Al-Sudani", ont été détenus pendant près de cinq heures par la police à Marawi (Nord). Ils avaient été arrêtés alors qu'ils cherchaient à se rendre auprès des populations touchées par les inondations du 10 août. Les policiers ont affirmé qu'ils avaient reçu l'ordre de ne pas laisser de journalistes pénétrer dans la zone touchée par la catastrophe.

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