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La nouvelle loi sur la presse mènera à « davantage de répression »

L'approbation par le Soudan d'une nouvelle loi sur la presse « porte un coup très dur » à la liberté de la presse au Soudan et « prépare le terrain pour plus de répression », dit le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network of Human Rights Information, ANHRI). D'autres membres de l'IFEX, dont le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), ARTICLE 19, Reporters sans frontières (RSF) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ), ont également fait part de leur préoccupation à propos de cette loi.

En dépit des amendements que le parlement a apportés à quelques articles, qui annulaient l'emprisonnement des journalistes à cause de leur travail, les autres articles sont, dit l'ANHRI « oppressifs ».

La loi investit par exemple le Conseil national de la presse et des publications (National Press and Publication Council, NPPC), un organe rattaché de près au bureau du président, du pouvoir de fermer les journaux pendant trois jours sans décision judiciaire.

Bien que le conseil de presse n'ait plus l'autorité d'imposer aux journalistes et aux journaux des amendes pouvant atteindre 50 000 livres soudanaises (21 000 $US), ce pouvoir a été transféré à l'appareil judiciaire, sans qu'il y ait de limites aux amendes, dit ANHRI.

D'après le CPJ, après de multiples rondes de débat et 15 amendements, le parlement a adopté à l'unanimité le projet de loi controversé. Une analyse du CPJ a relevé de nombreuses failles dans le projet de loi sur la presse, qui a été déposé devant l'Assemblée nationale du Soudan en avril.

« L'adoption de cette loi sur la presse représente un important recul pour la liberté de la presse au Soudan, en dépit de quelques amendements de dernière minute qui atténuent quelques-uns des éléments plus draconiens de la loi », a déclaré le CPJ.

La loi sur la presse dispose en outre qu'aucune restriction n'est imposée à la liberté de la presse, sauf « sur des questions ayant trait à la préservation de la sécurité nationale, à la santé et à l'ordre public ». Mais des journalistes locaux ont indiqué au CPJ qu'une loi de 1999 accorde aux forces de sécurité d'importants pouvoirs sur les médias, ce qui dans les faits les habilite à censurer les journaux.

Déjà, la situation des journalistes de la presse écrite au Soudan est extrêmement difficile. En février 2008, la censure s'est appesantie après que les médias eurent accusé le gouvernement soudanais d'avoir appuyé une tentative ratée de coup d'État au Tchad voisin. Les tactiques répressives de ce genre n'ont fait qu'empirer les choses depuis que la Cour pénale internationale a émis un mandat d'arrestation contre le président Omar Hassan al-Bashir, indique le CPJ.

En mai, environ 50 journalistes du Réseau des journalistes soudanais (Soudanese Journalists Network) ont dénoncé la loi devant le Parlement de Khartoum. Aussi le mois dernier, environ le tiers des députés de l'Assemblée nationale ont quitté l'enceinte en signe de protestation contre le projet de loi.

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