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Le vice-président de la République fait annuler un programme télévisé; RSF dénonce une "censure"

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières condamne l'annulation, le 10 mai 2007, du programme de débat "Surinam Today", diffusé sur la chaîne publique Surinam Television Foundation (STVS), sous la pression directe du vice-président du pays, Ram Sardjoe. Le thème de la discussion portait sur les relations entre la Chine et Taïwan.

"Nous condamnons cet acte de censure. Les intérêts stratégiques entre le Suriname et la Chine avancés par le vice-président Ram Sardjoe ne sauraient justifier une intervention de l'État dans la programmation d'un média, fût-il public. Nous condamnons également les apparentes pressions dont a fait l'objet la chaîne STVS de la part de la diplomatie chinoise à Paramaribo. Nous espérons que ce débat sera rediffusé" a déclaré Reporters sans frontières.

STVS devait transmettre en direct, le 10 mai, une édition du talk-show "Surinam Today" consacré aux relations entre la Chine et Taïwan. Séparée politiquement de la Chine depuis 1949, Taïwan reste considérée comme territoire chinois par les autorités de Pékin. Au nom d'intérêts politiques et commerciaux avec la Chine, le vice-président, Ram Sardjoe, a enjoint la productrice et rédactrice en chef de "Surinam Today", Nita Ramcharan, d'annuler l'émission. Devant le refus de cette dernière, le numéro deux surinamien a obtenu des dirigeants de SVTS une déprogrammation.

Nita Ramcharan a également déclaré qu'un des journalistes qui avait interviewé l'ambassadeur chinois Su Ge pour le programme avait, par la suite, reçu des menaces téléphoniques de la part de certains diplomates. Ceux-ci ne voulaient pas qu'il utilise l'interview dans un quelconque programme où des activistes protaïwanais pourraient apparaître. Les fonctionnaires se seraient même rendus dans les locaux de la chaîne afin de faire pression sur la direction.

Les producteurs de "Surinam Today" ont dénoncé une violation de la liberté d'expression. "Je regrette que les producteurs pensent avoir été censurés, mais le gouvernement doit surveiller les intérêts du pays", a déclaré Ram Sardjoe. Ce dernier a aussi prétendu qu'il n'avait pas interdit le programme, mais qu'il avait seulement "demandé fortement" que l'on traite de ce sujet "avec précaution". Il a également soutenu que son intervention "ne constituait pas une forme de censure", ni même "une restriction du droit d'expression".

C'est la deuxième fois que le gouvernement du président Ronald Venetiaan modifie le contenu d'une chaîne publique.

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