26 février 2002

DES JOURNALISTES ÉTRANGERS SONT CONDAMNÉS À ÊTRE DÉPORTÉS


L’Association des journalistes thaïlandais (TJA), la Southeast Asia Press Alliance (Alliance de la presse de l’Asie du Sud Est, SEAPA), Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) rapportent que, pour la première fois depuis des décennies, la Thaïlande, dont la presse est considérée comme l’une des plus libres d’Asie, a ordonné l’expulsion de deux journalistes étrangers, affirmant qu’ils représentent “une menace pour la sécurité nationale”. La TJA et la SEAPA condamnent ce geste, qu’elles qualifient de “chasse aux sorcières” et d’“attaque injustifiée contre la libre expression”, et affirment qu’il aura de “profondes répercussions négatives sur l’image de marque de la Thaïlande sur la scène internationale comme pays démocratique”.

Le 22 février, les autorités de l’immigration ont informé le correspondant en chef de la “Far Eastern Economic Review”, Shawn Crispin, et le correspondant Rodney Tasker que leurs visas avaient été révoqués, le même jour où les journaux locaux rapportaient que les journalistes étaient inscrits sur une “liste noire” de 46 étrangers considérés, disent RSF et le CPJ, comme autant de menaces à la sécurité nationale. Les personnes inscrites sur la liste devaient être expulsées du pays ou empêchées d’y entrer.

On retrouve sur cette liste le nom de l’éditeur de la “Far Eastern Economic Review”, Philip Revzin, celui de son rédacteur en chef, Michael Vatikiotis, de même que ceux de treize membres du mouvement spirituel chinois Falun Gong, indique RSF. Le propriétaire de la revue, Dow Jones Co., a officiellement interjeté appel de la décision des autorités de l’immigration et attend une réponse la semaine prochaine, dit le CPJ.

La décision d’expulser Crispin et Tasker fait suite à la publication dans la revue, le 10 janvier, d’un article qui traitait des tensions entre le roi Bhumibol Adulyadej et le bureau du premier ministre Thaksin Shinawatra. Selon le CPJ, l’article a été établi en grande partie d’après certains commentaires que le roi a faits publiquement et qui ont été considérés comme des critiques du gouvernement. Le numéro du 10 janvier a été interdit peu après sa parution et le gouvernement en a saisi des exemplaires.

Bien qu’elle garantisse la liberté de la presse, la Constitution réformée de 1999 permet d’imposer des restrictions aux médias au nom de la “sécurité nationale”, dit le CPJ. En outre, dit la TJA, le Code pénal contient une disposition qui considère comme un délit, passible d’un à sept ans de prison, le fait pour une personne de “diffamer, insulter ou menacer” les membres de la famille royale. Dans son évaluation de la situation de la presse au cours de l’année, l’organisation recense les nombreux cas où le gouvernement Thaksin a tenté de s’ingérer dans les reportages et qualifie l’année 2001 d’“année d’ingérence dans les médias”.

Pour voir le rapport, voir à http://canada.ifex.org. ">http://canada.ifex.org/alerts/view.html?id=9931">http://canada.ifex.org.

Pour plus de renseignements, voir à www.tja.or.th, www.seapabkk.org, www.cpj.org et www.rsf.org.




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