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Le décret sur l'état d'urgence est levé mais les violations des droits continuent

La police disperse un rassemblement des Chemises rouges à Bangkok en May 2010. En vertu du décret sur l’état d’urgence qui a été levé récemment, les rassemblements publics de plus de cinq personnes étaient illégaux
La police disperse un rassemblement des Chemises rouges à Bangkok en May 2010. En vertu du décret sur l’état d’urgence qui a été levé récemment, les rassemblements publics de plus de cinq personnes étaient illégaux

Roland Dobbins/IRIN

Huit mois après les violents affrontements entre groupes hostiles au gouvernement et forces de sécurité de l'État, le gouvernement thaïlandais a enfin levé le décret sur la loi d'urgence à Bangkok et dans trois provinces voisines, rapporte l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA) - mais les défenseurs des droits ont bien peu confiance que cela change quoi que ce soit.

L'état d'urgence a été proclamé il y a plus de huit mois en réponse à l'escalade de la violence du Front Uni pour la démocratie contre la dictature (United Front for Democracy against Dictatorship, UDD), plus connu sous l'appellation des « chemises rouges », violence qui a fait 91 morts et près de 2 000 blessés, d'après les dépêches.

Le décret sur la loi d'urgence permettait aux autorités thaïlandaises d'imposer des couvre-feux, d'interdire tout rassemblement public de plus de cinq personnes, de détenir des suspects sans accusation pendant 30 jours et de censurer les médias et de leur interdire de répandre les nouvelles qui « causent la panique », indiquent Human Rights Watch et la SEAPA.

Mais les membres de l'IFEX ne sont pas convaincus par la levée des lois d'urgence.

Depuis les violences d'avril, les stations de télévision par satellite, les chaînes de télévision en ligne, les publications, les stations de radio communautaire et plus de 1 000 sites web ont été fermés, indique Human Rights Watch.

Le gouvernement dispose d'autres moyens, comme la Loi sur les crimes informatiques, pour « traduire en justice ceux qui ont des opinions politiques différentes », a déclaré à la SEAPA le Réseau des citoyens thaïs de l'Internet. « Depuis son entrée en vigueur en 2007, la loi est devenue la base légale de l'arrestation de plusieurs usagers de l'Internet et du blocage de nombreux sites web en Thaïlande », dit le réseau. Par exemple, Chiranuch Premchaiporn, directeur général et modérateur du site web indépendant de nouvelles http://www.Prachatai.com, est passible de plus de 50 ans de prison aux termes de la loi parce qu'il aurait omis de retirer des commentaires d'un forum sur le web qui aurait été jugé insultant pour la monarchie.

En outre, le conflit a contribué à instaurer une méfiance durable entre les journalistes et le public, dit l'Association des journalistes thaïlandais (Thai Journalists' Association, TJA). « Beaucoup de gens sont d'avis que les médias ont joué un rôle dans l'escalade du conflit politique », d'expliquer la TJA, ce qui a empêché les médias de fournir une couverture exacte.

Et en dépit de la levée du décret, le gouvernement continue de pénaliser ceux qui le critiquent. Le mois dernier, un défenseur des médias libres, ainsi que neuf autres activistes de la société civile, a été arrêté pour être entré au Parlement pendant un rassemblement qui s'est déroulé en 2006, rapporte la SEAPA.

Le secrétaire-général de la Campagne pour la réforme des médias populaires (Campaign for Popular Media Reform), Supinya Klangnarong, et neuf autres personnes ont été inculpés le 30 décembre de violation de sept dispositions du code pénal, la plus grave étant l'« instigation au désordre public et à la violence contre l'État, avec l'intention de saper les principales institutions démocratiques ». Si elles sont reconnues coupables des multiples infractions, ces personnes sont passibles de 20 ans de prison chacune.

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