15 janvier 2004

Alerte

Les autorités tunisiennes empêchent la publication du journal indépendant "Kalima"


Détails de l'incident

Sihem Bensedrine

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(RSF/IFEX) - Le 13 janvier 2004, la journaliste Sihem Bensedrine a déposé une déclaration pour l'enregistrement et la parution de l'hebdomadaire bilingue "Kalima", auprès du ministère de l'Intérieur. En retour, on lui a refusé le récépissé qui seul autorise un imprimeur à mettre un journal sous presse.

RSF accuse les autorités tunisiennes d'empêcher la naissance de toute presse indépendante. "Cette nouvelle tentative infructueuse de publier en Tunisie l'hebdomadaire "Kalima" est une preuve supplémentaire du maintien de la presse sous un contrôle total par les autorités tunisiennes. Le président Ben Ali proclame haut et fort son intérêt pour la liberté d'information, mais empêche délibérément la création d'une presse indépendante. L'organisation de la 2e phase du Sommet mondial de la société de l'information à Tunis en 2005 est scandaleuse dans ce contexte !", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF.

C'est la troisième fois depuis 1999 que Bensedrine tente de déposer, auprès du ministère de l'Intérieur, une déclaration préalable pour la publication de "Kalima". Actuellement, le journal est publié irrégulièrement, de façon artisanale, et distribué sous le manteau en Tunisie. Son site Internet, alimenté de l'étranger, est toujours verrouillé dans le pays.

S'attendant à ce nouveau blocage de la part du ministère de l'Intérieur, la journaliste s'était présentée accompagnée de témoins, pour attester de sa demande d'enregistrement. Ainsi, elle peut, avec le comité de rédaction de "Kalima", son avocat, un député et le président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, témoigner du refus du président Zine el-Abidine Ben Ali de libéraliser la presse en Tunisie.

Avant son départ pour l'Allemagne, le 14 janvier, Bensedrine a fait l'objet d'une fouille particulièrement minutieuse à l'aéroport. Un exemplaire de "Kalima" lui a été confisqué ainsi que trois CD-Rom contenant des données personnelles. Le 5 janvier dernier, elle avait été victime d'une agression qu'elle estime être liée à son engagement pour la liberté d'expression en Tunisie (consulter l'alerte de l'IFEX du 9 janvier 2004).



Source:

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