20 mars 2007
Alerte
Un journaliste condamné en appel à un an et deux mois de prison
Détails de l'incident
Mohamed Fourati
journalist(s)
(RSF/IFEX) - Le journaliste Mohamed Fourati a été condamné, le 9 mars 2007, à un an et deux mois de prison par une cour d'appel de Gafsa (400km au sud de Tunis). Il avait publié, en 2002, dans le journal en ligne Aqlma, un article qui prouverait son appartenance au mouvement d'opposition An Nahda, ainsi qu'un autre concernant une collecte de fonds destinés à la famille d'un prisonnier politique.
"L'acharnement de la justice et des autorités à l'encontre de Mohamed Fourati démontre leur volonté de faire taire les voix dissidentes. Le gouvernement tunisien n'accepte aucune contestation, que ce soit dans la presse traditionnelle ou sur Internet. Le cas du cyberdissident Mohammed Abbou, emprisonné depuis mars 2005 pour des textes critiques envers le Président publiés sur la Toile, est là pour nous le rappeler", a déclaré l'organisation.
En 2002, Mohamed Fourati avait été accusé d'entretenir des liens avec une cellule d'aide aux familles de prisonniers politiques. Il avait publié un article sur une collecte de fonds au profit de la famille de l'un d'eux, d'Abdelhamid Louhichi, sur Aqlma online, une revue électronique traitant du Maghreb.
Depuis 2002, la cour d'appel de Gafsa a prononcé à deux reprises un non-lieu en faveur de Mohamed Fourati. Mais le ministère public, insatisfait de cette décision, s'est pourvu en cassation et a obtenu que le journaliste soit rejugé par une cour d'appel. C'est suite à cet ultime recours que Mohamed Fourati a été condamné le 9 mars dernier.
Mohamed Fourati ne pourra pas être incarcéré car il réside actuellement au Qatar où il travaille pour le quotidien "Al-Sharq". Toutefois, les autorités tunisiennes refusent que sa femme quitte le pays pour le rejoindre.
Il a été le correspondant à Tunis de l'agence de presse Quds Press International, basée à Londres. Il est également secrétaire de rédaction du journal "Al-Mawqif", organe de presse du Parti démocratique progressiste. Il est, par ailleurs, membre de l'Observatoire national de la liberté de la presse et du Syndicat des journalistes tunisiens (SJT), non reconnu par les autorités.
Reporters sans frontières rappelle que l'avocat Mohammed Abbou est emprisonné depuis mars 2005 pour avoir publié sur le site Tunisnews, en août 2004, un article dans lequel il comparait les tortures infligées à des prisonniers politiques en Tunisie aux exactions de soldats américains à Abou Ghraib (consulter des alertes de l'IFEX du 5 mars 2007, 8 décembre, 8 mai, 26 et 21 avril, 15, 6 et 2 mars et 28 février 2006, entre autres).
Source
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