RÉGIONS:

LES VIOLATIONS DE LA LIBRE EXPRESSION SONT PIRES QU'IL Y A UN AN, DIT LE TMG

Le gouvernement tunisien n'a pas réalisé de progrès dans l'amélioration de la situation de la libre expression au cours de l'année écoulée, il a même réprimé encore plus durement les dissidents, dit le Groupe d'observation de la Tunisie organisé par l'IFEX (TMG) en conclusion dans son quatrième rapport majeur.

Depuis le dernier rapport du TMG, en mai 2006, le groupe a constaté « une grave détérioration des conditions entourant la liberté d'expression en Tunisie », en particulier en ce qui concerne le harcèlement des journalistes et des dissidents, les menaces à l'indépendance du système judiciaire, le blocage des livres et des sites web, les restrictions imposées aux organisations indépendantes et l'emprisonnement de l'avocat des droits de la personne Mohamed Abbou, pour affichage sur Internet d'articles critiques sur les autorités tunisiennes.

Ces observations et d'autres sont énoncées en détail dans un ouvrage intitulé « Freedom of Expression in Tunisia: The Siege Holds » [Liberté d'expression en Tunisie : Le siège se poursuit]. Il s'agit d'un rapport sur la mission d'exploration du groupe, le mois dernier. Près d'un an après sa dernière mission, le TMG note qu'une série de nouvelles attaques contre les organisations non gouvernementales (ONG) et les journalistes indépendants a débouché sur une situation de presque inactivité. La brutalité policière devient « un événement presque quotidien ». Le système judiciaire devenant de plus en plus favorable au gouvernement, un climat de peur s'est installé.

Le TMG conclut dans son rapport qu'il est nécessaire « de maintenir et de réitérer avec force les recommandations antérieures du TMG auprès des autorités tunisiennes » afin d'aligner le pays sur les normes internationales concernant les droits de la personne. Parmi les recommandations, on note la remise en liberté d'Abbou et d'autres « prisonniers d'opinion », la fin du harcèlement et de l'intimidation des militants des droits de la personne, la levée des contrôles des livres et sites web interdits, ainsi que le respect des droits des individus à la liberté de mouvement, d'assemblée et d'association.

« Le siège se poursuit » est lancé à l'échelle mondiale en trois langues le 11 avril au Caire, à l'occasion d'une conférence de presse organisée par le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (HRinfo) et l'Organisation égyptienne de défense des droits de la personne (EOHR), en présence d'un représentant du groupe tunisien membre de l'IFEX, l'Observatoire pour la liberté de presse, de l'édition et de la création (OLPEC). Le dossier est lancé en outre à Washington, lors d'un événement parrainé par le Comité mondial pour la liberté de la presse (WPFC), ainsi qu'à Genève par l'Union internationale des éditeurs (UIE) et à Paris par l'Association mondiale des journaux (AMJ), et dans son réseau de presse arabe.

Le TMG est un groupe de seize organisations de défense de la liberté d'expression au sein du réseau de l'IFEX. Quatre membres du TMG - UIE, AMJ, le PEN de Norvège et Index on Censorship - se sont rendus du 27 février au 4 mars en Tunisie, où ils ont rencontré des responsables du gouvernement et des représentants de la société civile, et pris connaissance de la situation de la liberté de la presse et des autres questions concernant les droits de la personne. Un représentant de l'EOHR s'est vu refuser un visa par l'ambassade de Tunisie au Caire.

Le dossier est accessible en ligne, en trois langues, sur les sites web du TMG :
- en anglais : http://campaigns.ifex.org/tmg/IFEXTMGreport_April2007.doc
- en français : http://campaigns.ifex.org/tmg/rapportduIFEXTMG_avril2007.doc
- en arabe : http://www.hrinfo.net/ifex/wsis/
Consulter le site suivant :
- AMJ RAP : http://www.arabpressnetwork.org/home.php
(Photo : www.worldcupblog.org)

(10 avril 2007)

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