RÉGIONS:

UN COMÉDIEN EST LIBÉRÉ, LA PEINE DE PRISON D'UN JOURNALISTE EST MAINTENUE

Le Groupe d'observation de la Tunisie organisé par l'IFEX (TMG de l'IFEX) et l'Observatoire pour la Défense de la Liberté de la Presse, de l'Édition et de la Création (OLPEC) ont salué la remise en liberté d'un comédien incarcéré pendant deux mois pour avoir fait la satire du président de la Tunisie Zine El Abidine Ben Ali. Par ailleurs, dans une autre affaire qui a fait grand bruit, un journaliste éminent, qui avait fait paraître des articles critiques du président, a vu sa peine d'un an de prison être maintenue.

Le comédien Hedi Ouled Baballah, condamné en février à un an de prison et à une amende de 1 000 dinars (800 $ US) pour « possession d'une substance narcotique classifiée », a été remis en liberté le 20 mars à l'occasion du 52e anniversaire de l'indépendance du pays.

Ouled Baballah a toujours nié toute connaissance de l'existence de la drogue et a mentionné un complot policier contre lui à la suite de son dernier numéro, une parodie du président Ben Ali, qui a beaucoup circulé par téléphone mobile. Après avoir exécuté un numéro similaire l'an dernier, il avait été détenu pendant trois jours et tabassé pendant sa garde à vue.

Dans une autre affaire, le plus haut tribunal d'appel de Tunisie a maintenu la peine d'un an de prison imposée à un journaliste qui avait publié des articles critiques à l'égard du président Zine El Abidine Ben Ali et de sa famille, indiquent l'OLPEC et Reporters sans frontières (RSF).

Correspondant du journal « Al Quds Al Arabi » basé à Londres, et du site web de la station de télévision « Al-Arabiya » ( http://www.Al-Arabiya.net ), Slim Boukhdhir a été arrêté aux abords de Sfax le 26 novembre, après une prise de bec avec des policiers qui le suivaient. Il a passé jusqu'à maintenant plus de quatre mois à la prison de Sfax, et sa santé se détériore.

En Tunisie, les dissidents sont rarement mis en accusation pour leurs gestes politiques, mais sont plutôt accusés faussement de délits plus « ignominieux », dit l'OLPEC.

Depuis un mois, la Tunisie est sous les feux des projecteurs internationaux aux Nations Unies. Le Comité des Nations Unies sur les droits de la personne, qui suit de près la mise en oeuvre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, a passé en revue récemment la Tunisie et fait part de ses graves préoccupations à propos des limites à la liberté d'expression.

Le 8 avril, la Tunisie a retenu l'attention à la première session de la Revue périodique universelle des Nations Unies. Cette revue est un examen rigoureux des dossiers des États membres des Nations Unies en ce qui concerne les droits de la personne. Au nom du TMG de l'IFEX, le PEN International, l'Union internationale des éditeurs (UIE) et le Comité mondial pour la liberté de la presse ont soumis des documents pour la revue.

Comme les organisations non gouvernementales (ONG) ne sont pas autorisées à prendre la parole lors de la revue, les ONG tunisiennes basées en Suisse ont organisé le 7 avril à Genève un rassemblement contre la torture. L'UIE a fait une présentation à la rencontre, parrainée conjointement par le TMG de l'IFEX, pour attirer l'attention sur le cas de Boukhdhir.

Consulter les sites suivants :
- TMG de l'IFEX : http://campaigns.ifex.org/tmg/fr_index.html
- OLPEC, à propos de Baballah : http://tinyurl.com/4sv5o4
- RSF, à propos de Boukhdhir : http://tinyurl.com/4pkoup
- Documents sur la Tunisie présentés à Revue périodique universelle : http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/UPR/PAGES/TNSession1.aspx
(8 avril 2008)

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