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Prise de contrôle du syndicat des journalistes par des partisans du Président

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières craint pour l'indépendance du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), suite à sa prise de contrôle, le 15 août 2009, par des professionnels des médias proches du régime.

"A deux mois des élections présidentielle et législatives en Tunisie, cette prise de contrôle du Syndicat national des journalistes tunisiens par des partisans du président Ben Ali, n'augure rien de bon pour l'indépendance de cette organisation, et plus généralement pour la liberté de la presse dans le pays, déjà réduite à une peau de chagrin", a déclaré l'organisation.

Suite à la controverse suscitée en mai 2009, lors de la rédaction du rapport annuel sur la situation de la liberté de la presse en Tunisie, quatre membres du bureau exécutif, proches du pouvoir, ont présenté leur démission de manière rapprochée. En vertu du règlement interne du syndicat, cette démission collective a entraîné la dissolution du bureau exécutif (qui compte neuf sièges), élu en janvier 2008 et contrôlée par une majorité étiquetée "indépendants-radicaux". Le bureau exécutif a alors annoncé la tenue d'élections pour le 12 septembre.

Les partisans du pouvoir, qui avaient perdu les élections de janvier 2008, ont alors décidé, en s'appuyant sur leur majorité au sein du bureau exécutif élargi, d'organiser un congrès extraordinaire pour le 15 août. Neji Bghouri, président du SNJT et du bureau exécutif, avait alors saisi le tribunal de Tunis afin d'annuler la tenue de ces assises. Mais la Cour a rejeté la requête, reportant l'examen de l'affaire au 26 octobre.

Le congrès extraordinaire s'est donc tenu le 15 août au Complexe culturel Al-Menzeh 6 à Tunis. Il a désigné une nouvelle direction "100% RCD" (Rassemblement constitutionnel démocratique, parti au pouvoir), avec à sa tête Jamal Karmawi, journaliste, mais aussi conseiller du secrétaire général du RCD. Plusieurs responsables d'institutions de la presse arabe étaient présents lors de cette élection, tels que Younès Moujahid, vice-président de la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

"Il s'agit d'un coup du pouvoir contre une organisation qui se voulait indépendante et autonome", a déploré Bghouri, ancien président du SNJT, contacté par Reporters sans frontières. "Mais le syndicat n'est pas la seule cible du pouvoir. D'autres organisations telles que la Ligue tunisienne des droits de l'homme font l'objet de pressions similaires", a-t-il ajouté.
De quoi discutent les autres membres de l'IFEX

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