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Plusieurs journalistes agressés lors des manifestations à Tunis

(RSF/IFEX) - Le 20 juillet 2011 - Tout en saluant les avancées enregistrées par la Tunisie en matière de libertés publiques, Reporters sans frontières est troublée par les violences délibérées perpétrées par les forces de l'ordre contre plusieurs journalistes lors de la couverture de manifestations dans le centre de Tunis, le 15 juillet 2011. L'organisation déplore également les récentes déclarations du Premier ministre Béji Caïd Essebsi qui rend la presse en partie responsable de l'instabilité sociale et politique actuelle.

Vendredi 15 juillet, une centaine de personnes ont tenté de manifester devant le palais de la Kasbah, à Tunis, dont l'accès avait était bloqué par la police, pour dénoncer la politique de l'actuel gouvernement. Plusieurs manifestants se sont alors dirigés vers la mosquée la plus proche pour faire entendre leurs revendications. Des dizaines de journalistes étaient présents pour couvrir l'événement.

Les forces de l'ordre ont chargé à plusieurs reprises les manifestants, lançant des gaz lacrymogènes, frappant à coups de matraque et multipliant les insultes. Si certains journalistes n'avaient pas de signes distinctifs, ceux qui étaient clairement identifiables, grâce à leur appareil photo et leur caméra, n'ont pas pour autant été épargnés par les forces de l'ordre. Parmi eux se trouvaient les journalistes Nesrine Alloush, Shaker Besbes (Radio Mosaïque), Khawla Selliti (Radio 6), Amani Fethullah, Bashir Al- Saghairi (Radio Jeunesse), Assad Mahmoudi (Tunisna), Reza Al- Tamtam, Marwan Farhani (journaliste indépendant), Hajar Al-Mutairi (Al Sa'a), Bassam Al- Barqawi (Al Sa'a).

"Certaines personnes ont été délibérément visées par les policiers. J'ai entendu des hommes en uniforme crier 'les hommes avec les caméras là-bas, il faut les attaquer'," a confié à Reporters sans frontières Sofiane Ben Farhat, correspondant de l'AFP. Les policiers ont accusé les manifestants d'actes de vandalisme et de détenir de l'alcool dans la mosquée. Le 16 juillet, le syndicat des journalistes a porté plainte contre le ministère de l'Intérieur.

L'organisation s'inquiète également des accusations dangereuses portées par le Premier ministre Béji Caïd Essebsi à l'encontre des professionnels des médias, lors d'un discours à la nation, le 18 juillet 2011. Dans son allocution, le premier ministre a clairement assimilé les journalistes à des fauteurs de trouble, mettant en cause leur responsabilité dans les violences actuelles qui traversent le pays.

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