14 septembre 2009

Alerte

Quatre radios fermées et un journaliste retenu par la police pour "incitation aux émeutes"


Détails de l'incident

Détention, Torture

Kalundi Sserumaga, Journaliste

Fermeture

Suubi FM, Station de radio
Radio Sapienta, Station de radio
Radio Two Akaboozi Kubiri, Station de radio

Disponible en :

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(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières condamne la décision du gouvernement ougandais, prise en réaction aux manifestations qui ont secoué Kampala ces derniers jours, de fermer quatre stations de radio et d'interdire les débats radiophoniques en direct. L'organisation demande par ailleurs aux autorités d'ordonner sans délai la remise en liberté de Kalundi Sserumaga, retenu par la police depuis près de 48 heures. Le journaliste prétend avoir été torturé.

"S'il est évident que les médias ougandais doivent veiller à ne pas laisser place aux dérapages, le bâillonnement des journalistes et de la population n'est jamais une réponse adaptée à une crise, quelle qu'elle soit. Outre qu'elle constitue une atteinte à la liberté d'expression, la mesure prise par les autorités est susceptible de nourrir les rancoeurs et les frustrations de la population, notamment de la jeunesse, et ainsi de réanimer les tensions", a déclaré l'organisation.

Le 11 septembre 2009, le ministre de l'Information, Kabakumba Matsiko, a annoncé la suspension par le gouvernement des stations privées Suubi FM et Radio Two Akaboozi Kubiri, et de la station catholique Radio Sapienta. Les autorités les accusent "d'avoir incité aux émeutes et appelé les criminels à commettre des pillages et des violences contre des individus". La veille au soir, la station privée locale CBS, appartenant au royaume du Buganda, avait également été suspendue.

Selon les informations de Reporters sans frontières, la saisie de l'émetteur de Radio Two s'est faite manu militari. "Des agents des forces de l'ordre se sont rendu au mât de transmission de Radio Two, dans le quartier Naguru, ont arrêté la personne chargée de garder les lieux, et lui ont pris son téléphone pour qu'elle ne puisse pas appeler la radio. Ils ont ensuite cassé la porte donnant accès à l'émetteur et l'ont confisqué", a raconté un journaliste de Kampala.

Le gouvernement a également interdit les débats radiophoniques, dits "ebimeeza", en arguant du fait que les stations de radio étaient incapables d'en contrôler le contenu.

Enfin, le 11 septembre, vers 23h00 (heure locale), le très respecté Kalundi Sserumaga, présentateur du talk show "Spectrum" sur Radio One, une émission quotidienne diffusée aux heures de grande écoute (19h00 en semaine), a été enlevé devant les locaux de la chaîne WBS. Il venait de participer à un débat télévisé dans lequel il avait critiqué le président Yoweri Museveni. Le journaliste a été emmené dans le quartier Kireka de Kampala et n'est réapparu que le lendemain, vers 13h00, au commissariat central de la capitale, où il est toujours détenu.

Les 10 et 11 septembre, à Kampala, des manifestations ont opposé les forces de l'ordre aux partisans du roi Ronald Muwenda Mutebi II, souverain traditionnel des Baganda, l'une des principales tribus ougandaises, implantée dans le sud du pays et majoritaire dans la capitale. Les manifestants protestaient contre les difficultés rencontrées par l'entourage du roi pour organiser un déplacement dans un district au nord-est de Kampala. Les violences ont occasionné de sérieux dégâts matériels et ont fait au moins quatre morts, selon les chiffres officiels, et de nombreux blessés.

Source:

Reporters sans frontières
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