26 mars 2001

Alerte

RSF demande au nouveau ministre de l'Intérieur de mettre fin à la violence exercée contre les journalistes


Détails de l'incident

Georgiy Gongadze, Ivan Bezsmertnyi, M. Landyk, Yuriy Yurov

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(RSF/IFEX) - Ci-dessous, un communiqué de presse de RSF :

RSF demande au nouveau ministre de l'Intérieur de mettre fin à la violence exercée contre les journalistes et d'ordonner une enquête au sein de son ministère

Dans une lettre adressée au nouveau ministre de l'Intérieur, Iouri Smirnov, nommé le 26 mars 2001 par le président Koutchma, Reporters sans frontières (RSF) a demandé que soit mis fin à la violence exercée contre les journalistes en Ukraine, alors que plusieurs journalistes de la ville de Lougansk (Est du pays) ont dénoncé des menaces de mort proférées à leur encontre ces derniers jours.




"Neuf meurtres de journalistes commis ces cinq dernières années n'ont toujours pas été élucidés, les agressions et les menaces de mort envers les journalistes et les intimidations envers la presse se comptent par dizaines ces derniers mois. Cette situation d'une gravité exceptionnelle exige des décisions immédiates de votre part, sauf à admettre qu'elle relève d'une politique délibérée de la part du pouvoir", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. RSF a demandé par ailleurs au nouveau ministre d'ordonner une enquête approfondie au sein même du ministère de l'Intérieur pour établir les éventuelles responsabilités, jusqu'au plus haut niveau, dans la surveillance, la disparition et l'assassinat du journaliste Géorgiy Gongadze.

Selon les informations recueillies par RSF, Iouri Smirnov, chef de la police de la ville de Kiev, et jusqu'alors vice-ministre de l'Intérieur, a été nommé ministre de l'Intérieur, le lundi 26 mars 2001, en remplacement de Youri Kravtchenko, mis en cause directement dans l'affaire de la disparition du journaliste Géorgiy Gongadze. RSF a attiré l'attention du nouveau ministre sur le cas de plusieurs journalistes menacés ces dernières semaines, en particulier sur le cas de Ivan Bezsmertnyi, rédacteur en chef du journal Tretkyi Sektor, menacé à plusieurs reprises suite à ses articles sur les malversations présumées du député Ivan Adrouchenko, et sur ceux de Yuriy Yurov, rédacteur en chef du quotidien 21 Vek à Lougansk et de M. Landyk, correspondant à Lougansk de la chaîne de télévision 1+1, respectivement frappé et menacé de mort par des responsables locaux. Trente cinq journalistes de la région de Lougansk devaient rendre public, lundi 26 mars 2001, un appel au Président Koutchma et au procureur général d'Ukraine, pour que cessent les menaces et intimidations à leur encontre de la part de responsables de l'administration locale, de la police d'Etat, et de certains députés. RSF a demandé au nouveau ministre de l'Intérieur de rompre avec les pratiques de contrôle et de répression à l'égard de la presse indépendante, et de mettre tous les moyens en oeuvre pour dissuader et réprimer les agressions et menaces à l'égard des journalistes.

RSF a par ailleurs rappelé au nouveau ministre qu'aucune enquête sérieuse n'avait encore été menée sur la filature et les intimidations dont le journaliste assassiné Géorgiy Gongadze avait été l'objet de la part des services officiels, dans les semaines précédant sa disparition. Le journaliste avait lui-même dénoncé dans une lettre au procureur général d'Ukraine la surveillance dont il était l'objet de la part des fonctionnaires du ministère de l'Intérieur, qui le suivaient et interrogeaient ses proches. Le procureur général d'Ukraine, Mihailo Potebenko, s'est contenté d'indiquer, dans les conclusions provisoires de l'enquête présentées au Parlement le 11 janvier 2001, que le ministre de l'Intérieur ayant démenti d'éventuelles responsabilités de ses services, toute accusation était infondée. "Alors que certains faits sont d'ores et déjà établis, ce déni de vérité n'est plus crédible. A ce stade, l'enquête ne peut plus être décemment menée avec pour seul souci de protéger certains responsables de l'exécutif. Les responsabilités au sein du ministère de l'Intérieur doivent être établies", a estimé RSF.





Source:

Reporters sans frontières
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75002 Paris
France
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tél: +33 1 44 83 84 84
téléc: +33 1 45 23 11 51
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