5 juin 2001
Alerte
Les autorités contraignent la mère du journaliste assassiné Géorgiy Gongadze à enterrer le corps
Détails de l'incident
Georgiy Gongadze
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(RSF/IFEX) - Dans une lettre adressée au Président Leonid Koutchma, RSF s'est indigné des démarches entreprises par les autorités judiciaires ukrainiennes pour contraindre la mère du journaliste assassiné Georgiy Gongadze à enterrer le corps de son fils.
"Madame Gongadze, et elle seule, doit décider de l'opportunité d'enterrer ou non le corps de son fils et du moment pour le faire. Après des mois d'une attitude ignominieuse à l'égard de la famille Gongadze, les autorités ukrainiennes démontrent une fois de plus leur mépris pour les proches de la victime, et leur impatience d'enterrer cette affaire" a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. "Nous vous demandons d'intervenir personnellement pour que le Parquet général d'Ukraine revienne sur cette décision de transfert du corps", a ajouté Ménard dans sa lettre au chef de l'État.
RSF a par ailleurs demandé au Parquet général d'Ukraine, dans une lettre au Procureur général, de satisfaire aux demandes de Mme Gongadze, notamment une dernière autopsie du corps, en présence d'experts européens, avant que les restes soient enterrés.
D'après les informations recueillies par RSF, le 31 mai 2001, auprès de Andriy Fedour, l'avocat de Mme Alexandra Gongadze, le Parquet Général d'Ukraine a ordonné de transférer le corps identifié définitivement comme étant celui de Gongadze aux services de la mairie de Kiev "pour qu'ils s'en occupent". Si Mme Gongadze ne récupérait pas le corps rapidement pour l'enterrer dans sa ville natale à Lvov, il serait enterré par les services de la mairie de Kiev. Madame Gongadze a envoyé un courrier au Parquet général indiquant qu'elle ne refusait pas d'enterrer son fils, mais qu'elle souhaitait qu'une dernière expertise puisse être effectuée par des experts européens.