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Trente-deux membres de l'IFEX exigent la libération d'un reporter qui purge une peine de dix ans de prison

La mer d'Aral en 1990 : entièrement desséchée
La mer d'Aral en 1990 : entièrement desséchée

William C. Tumley

Un journaliste ouzbek qui osait couvrir quelques-uns des pires désastres environnementaux de son pays a été arrêté l'an dernier sur la foi de fausses accusations liées à la drogue et purge actuellement une peine de dix ans de prison. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Freedom House et trente autres groupes membres de l'IFEX ont fait parvenir une lettre conjointe aux autorités ouzbèkes pour exiger que Salijon Abdurahmanov soit libéré et que les journalistes ne soient plus jamais incarcérés à cause de leur travail.

Abdurahmanov a été arrêté le 7 juin 2008 sur la foi d'accusations de possession et de consommation de drogue, accusations qui ont par la suite été remplacées par celle, plus grave, de trafic de drogue. D'après les sources du CPJ dans la région, la drogue trouvée dans la voiture d'Abdurahmanov lors d'une fouille policière avait été plantée. La culpabilité d'Abdurahmanov n'a été prouvée ni lors de l'enquête ni au procès. Il n'en a pas moins été condamné en octobre dernier à dix ans de prison.

« Monsieur le Président, dit l'appel, jeter en prison les journalistes indépendants sur la base d'accusations non fondées ne rehausse pas la réputation de votre pays. Cela mine la confiance de la population dans leur gouvernement et cela sème pessimisme et apathie dans la population, et crée une situation susceptible de se transformer en radicalisme ».

D'après les membres qui se sont joints à des journalistes locaux pour l'appel au président, Abdurahmanov était le seul journaliste indépendant à couvrir la dégradation environnementale et ses conséquences humaines au Karakalpakstan, une république autonome de l'ouest de l'Ouzbékistan. Le secteur, qui fut déjà une oasis de rivières, de lacs, de marais, de forêts et de fermes, est empoisonné par le sel et les produits chimiques portés par le vent en provenance de la mer d'Aral, fortement polluée - et en voie d'assèchement. Au Karakalpakstan règnent le chômage et les problèmes de santé, conséquences du cauchemar économique.

Selon le CPJ et Freedom House, le président, qui a participé récemment au sommet du Fonds international pour sauver la mer d'Aral, bénéficierait des reportages d'Abdurahmanov.

Abdurahmanov travaillait comme correspondant local basé au Karakalpakstan pour les radiodiffuseurs internationaux Radio Free Europe/Radio Liberty et la Voix de l'Amérique, l'Institute for War and Peace Reporting, basé à Londres, et le site web indépendant de nouvelles « Uznews ».
Trente-deux groupes membres de l'IFEX et autres partenaires invitent le président ouzbek à relâcher le journaliste Salijon Abdurahmanov, injustement incarcéré

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