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La guerre de Chávez contre médias continue, disent les membres de l'IFEX

Les autorités vénézuéliennes ont révoqué les permis de radiodiffusion de 34 stations de radio et de télévision privées et proposent de nouvelles lois sur les médias qui donneraient de l'expansion aux médias favorables au gouvernement et supprimeraient la dissidence, indiquent l'Institut pour la presse et la société (IPYS), la Société interaméricaine de la presse (SIP), l'Observatoire latino-américain pour la liberté d'expression (Observatorio Latinoamericano para la Libertad de Expresión, OLA) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

Le ministre des Travaux publics, Diosdado Cabello, qui dirige l'agence des télécommunications, a annoncé la décision de forcer les 32 stations de radio et deux stations de télévision à quitter les ondes le 31 juillet. Il a rejeté l'accusation que le gouvernement tente de punir les critiques. Les stations sont accusées de n'avoir pu démontrer qu'elles détenaient un permis de radiodiffusion, selon ce que rapporte l'IPYS.

La décision de l'agence des télécommunications du Venezuela d'agir contre les stations a suscité un tollé de la part des membres de l'IFEX et d'autres défenseurs des droits, qui soutiennent que Chávez tente de mettre graduellement à l'écart les voix critiques. Ils font remarquer que plus de 200 autres stations font l'objet d'une enquête pour des allégations de n'être pas dotées des permis adéquats.

« C'est l'entrave la plus importante à la liberté d'expression jamais vue au Venezuela », dit Carlos Correa, chef de Espacio Público, une ONG qui défend la liberté de parole. « C'est un fait sans précédent en démocratie », ajoute-t-il.

L'une des chaînes de télévision les plus bruyamment anti-Chávez qui soit toujours en ondes, Globovisión, est confrontée à de multiples enquêtes qui pourraient entraîner sa fermeture; en outre, elle a été la cible d'attaques.

La tension a monté d'un cran dans les studios de Globovisión le 3 août lorsque des dizaines partisans du gouvernement, circulant à motocyclette et agitant les drapeaux d'un parti radical pro-Chávez, ont fait irruption dans la station et lancé des gaz lacrymogènes, selon ce que rapportent l'IPYS, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et l'Institut international de la presse (IIP).

Les fermetures et l'attaque sont survenues dans le sillage de l'annonce, par le gouvernement, de son intention de « démocratiser » les médias du Venezuela, rapportent la SIP, Reporters sans frontières (RSF) et d'autres groupes membres de l'IFEX. La procureure générale Luisa Ortega Diaz a déposé le 30 juillet un projet de loi devant l'Assemblée nationale prévoyant de lourdes sanctions - y compris jusqu'à quatre ans de prison - pour « crimes des médias ».

Les journalistes et communicateurs qui « nuisent aux intérêts de l'État », « créent la panique » ou « troublent la paix sociale » sont passibles de quatre ans de prison, tout comme ceux qui distribuent de « fausses » informations ou qui « manipulent » les nouvelles.

Le projet de loi prévoit aussi des peines pour ceux qui refusent de divulguer des informations ou l'identité de reporters, ou qui omettent délibérément un reportage - mettant ainsi en danger le principe de la confidentialité des sources des journalistes, dit RSF.

« Les autorités vénézuéliennes adoptent ici une autre mesure dans le mauvais sens », dit l'IIP. « Au moment où les gouvernements envisagent d'abolir les peines de prison pour les délits de presse, le gouvernement Chávez dépose un tas de nouvelles mesures. »

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la libre expression, Frank La Rue, s'est dit particulièrement inquiet que les propositions de loi « puissent servir d'instruments d'intimidation politique, ce qui pourrait mener à la criminalisation de la dissidence et de la critique. »

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