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Huit blogueurs écopent de peines allant de deux à six ans de prison

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières est révoltée par la condamnation, à de la prison ferme, de huit blogueurs vietnamiens, la semaine dernière. Vu Hung a été condamné à trois ans de prison ferme le 7 octobre 2009, pour "propagande contre le régime communiste" selon l'article 88 du code pénal. Pham Van Troi a été condamné à quatre ans de prison ferme le mercredi 8 octobre 2009 pour la même raison. Les six autres blogueurs, Nguyen Xuan Nghia (écrivain), Nguyen Van Tinh, Nguyen Manh Son, Nguyen Van Tuc, Ngo Quynh et Nguyen Kim Nhan, ont été condamnés respectivement à six ans, trois ans et demi, trois ans et demi aussi, quatre ans, trois ans et deux ans de prison sur le même fondement. Ces condamnations sont toutes assorties de peines de résidence surveillée. Leurs procès ont à peine duré quelques heures.

"Si critiquer le gouvernement et appeler au respect des droits de l'homme est considéré par la justice vietnamienne comme une atteinte à la sécurité nationale et de la propagande calomnieuse, on ne peut que voir dans ces condamnations la violation manifeste et évidente de la liberté d'expression des citoyens vietnamiens. Critiquer une politique et appeler à la démocratie ne menace pas la sécurité nationale du Viêt-Nam. Nous demandons aux autorités vietnamiennes de rejuger ces affaires dans le respect des droits de la défense, allègrement violés lors de ces procès", a déclaré Reporters sans frontières.

Les juges se sont fondés sur l'article 88 du code pénal, qui interdit toute "propagande contre le régime communiste", pour relever des "dénonciations calomnieuses portant atteinte à la sécurité nationale, à l'ordre social, ainsi qu'à la confiance du peuple envers le Parti". Dans leurs textes, les blogueurs avaient appelé à plus de pluralisme politique, de démocratie et de respect des droits de l'homme. Ils avaient également critiqué la politique du gouvernement en rapport avec la Chine dans les archipels des Paracels et Spratly en lui reprochant son manque d'énergie dans la défense du territoire par peur d'offenser Pékin.

Le juge a considéré que la dénonciation de la violation des droits de l'homme et de la démocratie constituait une violation de l'article 88 du code pénal, sous-entendant que les droits de l'homme et la démocratie existeraient bien au Viêt-Nam. C'est ce dont le président Nguyen Minh Triet a voulu convaincre la population vietnamienne et le reste du monde, lors de son allocution à New York le 25 septembre à l'Assemblée générale des Nations unies. Le procès des blogueurs, originellement prévu la veille, avait été repoussé.

Dans une lettre à Hillary Clinton, Loretta Sanchez (représentante du district de Californie au Congrès américain) a écrit: "Je trouve atterrant qu'un pays qui agit en contradiction avec la Déclaration des Nations Unies de manière si flagrante dirige le Conseil de sécurité des Nations unies en octobre." Hillary Clinton a affirmé, après sa rencontre avec son homologue vietnamien Pham Gia Khiem, le 8 octobre, avoir évoqué avec lui le problème des droits de l'homme et plus particulièrement de la liberté d'expression.

Reporters sans frontières rappelle que la République socialiste du Viêt-Nam fait partie des douze ennemis d'Internet et se situe à la 168e place sur 173, dans le classement mondial 2008 de la liberté de la presse établi par l'organisation.

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