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LES JOURNALISTES COURENT DES DANGERS DANS LE SILLAGE D'ÉLECTIONS SANS RÉSULTATS

Au Zimbabwe, les journalistes continuent de subir agressions et arrestations arbitraires depuis que les Zimbabwéens sont allés aux urnes il y a maintenant plus de trois semaines, indiquent l'Institut des médias d'Afrique australe (Media Institute of Southern Africa, MISA), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Fédération internationale des journalistes (FIJ), le PEN International et Reporters sans frontières (RSF).

« La répression qui s'abat sur les médias constitue une agression calculée contre les journalistes qui ont révélé ce qui apparaît comme la défaite électorale du parti au pouvoir », dit la FIJ.

La semaine dernière, le président du Syndicat des journalistes du Zimbabwe (ZUJ), Matthew Takaona, a été agressé sauvagement et dévalisé par des individus portant l'uniforme de l'armée nationale, rapporte la FIJ.

Un autre journaliste zimbabwéen, le pigiste Frank Chikowore, a été arrêté le 15 avril tandis qu'il couvrait une grève organisée par le parti du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), d'opposition. Chikowore a été inculpé de violence publique et reste en garde à vue parce qu'il aurait incendié un autocar dans une banlieue de Harare, selon ce que rapporte le MISA. La police a confisqué son ordinateur, son enregistreuse et son appareil-photo.

D'après le CPJ, Chikowore a été arrêté en 2005 pour avoir filmé une action policière contre des vendeurs ambulants dans le district central des affaires de Harare. Il anime aussi un blogue populaire qui traite de l'élection actuelle.

Au moins cinq autres journalistes doivent répondre à des accusations depuis les élections, dont Jonathan Clayton, correspondant basé en Afrique du Sud du journal britannique « The Times ». Clayton a été expulsé du Zimbabwe après avoir été détenu pendant huit nuits et condamné à verser une amende de 20 milliards de dollars du Zimbabwe (environ 250 $ US), dit RSF. Clayton a été reconnu coupable le 15 avril de violation des lois du pays sur l'immigration après avoir déclaré à l'aéroport de Bulawayo qu'il venait au pays en touriste.

La déportation de Clayton survient après qu'un tribunal de Harare eut acquitté un autre reporter britannique, Steve Bevan, ainsi qu'un journaliste du « New York Times », Barry Bearak, qui avaient été arrêtés et détenus pendant cinq jours après que la police eut effectué une descente à leur hôtel le 3 avril, parce qu'on les soupçonnait de couvrir l'élection du 29 mars sans être accrédités. Un magistrat a statué que l'État avait détenu les deux journalistes sans avoir obtenu de mandat d'arrestation, et qu'il avait omis de fournir des éléments de preuve de quelque crime, dit le MISA.

Deux Sud-africains qui travaillaient pour une compagnie de service de télévision par satellite ont aussi été arrêtés le 27 mars par la police du Zimbabwe, mais ils ont été relâchés le 14 avril et sont rentrés chez eux, dit le CPJ.

Un autre journaliste, le pigiste Stanley Karombo, a été détenu au secret pendant trois jours avant d'être relâché le 21 avril, rapporte le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC). On ne sait pas s'il a été mis en accusation.

Selon RSF, les journalistes du Zimbabwe font face à des dangers accrus parce que les États africains négligent de faire pression sur Mugabe et son gouvernement. « Sans émettre de commentaire sur la question de l'élection générale du 29 mars, les pays qui ont toujours l'oreille du président sortant devraient à tout le moins formuler clairement certaines demandes, surtout en rapport avec la liberté de la presse », dit RSF.

Consulter les sites suivants :
- MISA : http://www.misa.org/
- FIJ : http://www.ifj.org/default.asp?index=6079&Language=FR
- CPJ : http://www.cpj.org/news/2008/africa/zim16apr08na2.html
- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=26676
- WiPC : http://www.ifex.org/en/content/view/full/92920/
- Projet de surveillance des médias du Zimbabwe : http://www.mmpz.org/
- Page de l'IFEX sur le Zimbabwe : http://tinyurl.com/28mvww
(22 avril 2008)

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