RÉGIONS:

Les violations de la libre expression sont largement répandues sous le gouvernement de partage du pouvoir

L'entente de partage du pouvoir conclue l'an dernier au Zimbabwe reconnaissait le droit à la liberté d'expression, mais les médias demeurent muselés et les journalistes continuent de se heurter à l'intimidation et aux arrestations, selon ce que rapportent les membres de l'IFEX.

L'Entente Politique Globale (Global Political Agreement), qui a pris effet le 11 février 2009, avait été approuvée en 2008 par l'Union nationale africaine-Front patriotique du Zimbabwe (Zimbabwe African National Union-Patriotic Front, ZANU-PF), le parti au pouvoir de Robert Mugabe, et par le Mouvement pour le changement démocratique (Movement for Democratic Change, MDC), l'ancienne opposition. L'entente avait été créée afin de résoudre la crise politique et économique du Zimbabwe. Mais elle a échoué et « Mugabe et la ZANU-PF exercent toujours un contrôle total », dit Human Rights Watch.

La ZANU-PF continue d'attaquer brutalement toute opposition tandis qu'il n'y a aucune circulation libre des informations. Selon Human Rights Watch, début février, la police a interrompu des réunions sur la réforme constitutionnelle organisées par le MDC, agressé des participants, et arrêté arbitrairement 143 personnes dans trois districts. Il n'y a pas de journaux indépendants ni de stations de radio indépendantes. Depuis l'entrée en fonction du gouvernement de partage du pouvoir, pas un seul permis d'exploitation de médias indépendants n'a été délivré.

Le parti de la ZANU-PF se sert des médias écrits et électroniques qui appartiennent à l'État comme propagandistes pour emporter l'adhésion du public, tout en diffusant des discours haineux et tonitruants contre le MDC, indique Human Rights Watch. Et le parti se sert toujours des forces de sécurité comme instrument de répression, et refuse de les réformer.

Dans le cadre de cet assaut contre la liberté de la presse, les distributeurs d'un journal privé, « The Zimbabwean » - monté en Grande-Bretagne et imprimé en Afrique du Sud - ont été arrêtés le 10 février et accusés des charges criminelles d'avoir « publié des faussetés », avant d'être relâchés, indique Reporters sans frontières (RSF). Les deux distributeurs, Barnabas Madzimure et Fortune Mutandiro, ont été détenus en rapport avec un reportage, publié en janvier, concernant un groupe dissident qui aurait pris le contrôle de la ZANU-PF.

« C'est d'autant plus troublant que le gouvernement d'unité nationale constitué l'an dernier disait vouloir garantir la liberté de la presse », dit RSF.

Un journaliste pigiste qui collaborait au « Zimbabwean », Stanley Kwenda, a dû fuir le Zimbabwe à la mi-janvier après avoir reçu des menaces de mort d'un haut gradé de la police en réponse à un article critique à son égard, rapportent l'Institut des médias d'Afrique australe (Media Institute of Southern Africa, MISA) et d'autres membres de l'IFEX. Kwenda est membre du Comité de revendication de Harare du MISA-Zimbabwe et directeur du groupe Artists for Democracy Zimbabwe Trust (ADZT). Le photojournaliste pigiste Andrison Manyere a aussi été arrêté le 18 janvier tandis qu'il couvrait une manifestation en faveur d'une meilleure éducation, organisée par les membres des groupes de pression Women and Men of Zimbabwe Arise. Il est actuellement en liberté sous caution.

Enfin, le 16 février, un journaliste du Mexique a été détenu pendant qu'il tentait de filmer des attractions touristiques, selon ce que rapporte l'Institut international de la presse. « Le gouvernement du Zimbabwe... doit sensibiliser la police et les agents du renseignement aux droits des journalistes. Il est inacceptable de recourir aux lois criminelles et sur la sécurité comme outils pour emprisonner des reporters. »

« Sans un environnement ouvert aux médias, les Zimbabwéens seront incapables de participer pleinement au processus de réforme constitutionnelle actuellement en cours, ou à de futures élections », a déclaré Human Rights Watch.

Dernier Tweet :

#Ecuador: Fiscalía inicia indagación previa contra periodista condenado a prisión http://t.co/etPsKLBvHm @fundamedios