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Les rédacteurs sont ravis, les nouvelles indépendantes sont de retour; mais la répression des médias continue

Les journaux indépendants effectuent un retour au Zimbabwe, après avoir été contraints au silence pendant près de sept ans. Le Conseil des médias du pays a annoncé le 26 mai qu'il allait accorder des permis à plusieurs quotidiens privés pour leur permettre de reparaître, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF). Mais les violations de la liberté de la presse continuent par d'autres moyens.

Le Conseil des médias du Zimbabwe (Zimbabwe Media Council, ZMC) a annoncé que des permis de publier allaient être accordés à tous les journaux privés qui en avaient fait la demande. Le « Daily News » est un parmi plusieurs journaux qui vont reprendre vie. C'était le journal le plus populaire du pays, connu pour ses reportages fiables, lorsqu'il a été interdit en 2003. Des hebdomadaires ayant des liens allégués avec le parti au pouvoir vont aussi recevoir un permis.

Il y a dix ans, la presse indépendante constituait « une force active », dit le CPJ. Mais en 2002, le Président Robert Mugabe a déposé des lois draconiennes sur la presse, aux termes desquelles les journalistes et les journaux sont tenus de s'enregistrer auprès du gouvernement. Cette règle a été utilisée pour fermer bien des publications indépendantes. Quelques-unes ont continué à paraître, comme le « Zimbabwe Independent » et « The Standard ». Mais les lois répressives ont également placé les journalistes sous étroite surveillance, ce qui facilitait la tâche de la police chargée de suivre de près les courriels et les conversations téléphoniques par téléphonie cellulaire.

Ces dernières années, les journalistes critiques indépendants ont été harcelés, intimidés, menacés directement par des officiels du gouvernement, détenus et torturés, et assassinés. Certains ont fui le pays.

Cette année, le ZMC avait promis pendant des mois de délivrer des permis. Un quotidien privé têtu, « NewsDay » n'a pas voulu attendre et a donc embauché des journalistes et entrepris de produire un encart de quatre pages qui a été distribué à l'intérieur des journaux « Zimbabwe Independent » et « The Standard ». Au cours d'une mission d'exploration à Harare en mars, RSF a également appris que le « NewsDay » avait l'intention de paraître tous les jours.

Cependant, dans le cas des médias qui appartiennent à l'État, les journalistes sont bâillonnés parce que les rédacteurs reçoivent leurs ordres du gouvernement, dit RSF : « l'autocensure est généralisée, le licenciement abusif une crainte permanente. ». En mars, un présentateur de la radio de la Zimbabwe Broadcasting Corporation a été retiré des ondes pour avoir critiqué la faiblesse des salaires des fonctionnaires, qui étaient alors en grève.

En 2008, le photographe de nouvelles pigiste Shadreck Anderson Manyere a été incarcéré pendant des mois, détenu dans des conditions horribles et soumis à la torture. Depuis sa libération en 2009, il a été arrêté à répétition parce qu'il couvre des manifestations.

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