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L'IFEX-TMG demande au gouvernement tunisien de mettre un terme au harcèlement des défenseurs des droits fondamentaux et des journalistes avant le SMSI

(IFEX-TMG) - Ci-dessous, une action commune des membres de l'IFEX-TMG :

L'IFEX-TMG appelle le gouvernement tunisien à mettre un terme au harcèlement des défenseurs des droits fondamentaux et des journalistes avant le SMSI

Le 7 novembre, les membres du Groupe d'Observation de la Tunisie (TMG), organisé au sein du réseau de l'Échange international de la liberté d'expression (IFEX), appelleront le Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali à intervenir pour mettre un terme à la persécution des journalistes et internautes avant la tenue du Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI). Le groupe est particulièrement inquiet quant à la réponse officielle à la grève de la faim entamée par des défenseurs des droits de l'Homme et des journalistes, et qui continue aujourd'hui. La date du 7 novembre, qui commémore l'anniversaire du jour où le Président Ben Ali a pris le pouvoir, est traditionnellement marquée par la libération de prisonniers. Il est temps, d'après le TMG, de mettre un terme à cette grève de la faim. Les autorités doivent libérer, outre les autres prisonniers politiques, le journaliste Hamabi Jabali et l'avocat et défenseur des droits de l'Homme Mohammed Abbou. Il est temps pour la Tunisie de répondre aux inquiétudes exprimées par la communauté internationale suite aux violations des libertés fondamentales dans le pays.

Huit figures de l'opposition ont entamé une grève de la faim le 18 octobre pour demander le respect de la liberté d'expression et d'association en Tunisie et la libération de tous les prisonniers de conscience avant le début de la seconde phase du SMSI organisé du 16 au 18 novembre 2005. Les membres du TMG de l'IFEX protestent contre les actions du gouvernement tunisien qui a coupé les lignes téléphoniques des grévistes de la faim ainsi que celles d'éminents défenseurs des droits de l'Homme. En conséquence, leurs emails ont également été bloqués. D'après le TMG, cette action est inhumaine et représente une provocation évidente, alors qu'elle est décidée à quelques jours du SMSI. Elle démontre clairement que les autorités ne sont pas prêtes à respecter l'objectif fondamental du Sommet, qui est de construire un environnement de communication inclusif, pluraliste et libre dans l'ère de l'information.

Le TMG s'inquiète également pour la santé de Hamadi Jebali, éditeur de l'hebdomadaire "Al Fajr", qui est emprisonné depuis 1991. Jebali a accepté de mettre un terme à sa grève de la faim le 21 octobre, après cinq semaines, suite à la promesse des autorités tunisiennes de reconsidérer son cas avant le 7 novembre. Cependant, d'après les informations recueillies par le TMG, 31 autres prisonniers politiques auraient été libérés le 3 novembre pour marquer l'Eid Al-Fitr. Jebali s'est vu signifier par le directeur de la prison de Mahdia qu'on lui permettrait de quitter la prison six mois avant le terme des 16 années auxquelles il a été condamné. Cela signifie qu'il ne sera pas libéré avant la fin de 2006.

Le TMG appelle le gouvernement tunisien à le libérer immédiatement avec tous ceux inculpés pour "crime" de libre expression avant le SMSI. Il paraît clair que la décision de le maintenir en détention est liée à la publicité suscitée par ses grèves de la faim et le soutien dont il a pu bénéficier de la part de groupes internationaux appelant à sa libération.

Les personnes qui ont entamé une grève de la faim sont : Ahmed Najib Chabbi, secrétaire général du Parti progressiste démocratique (PDP), Hammam Hammami, porte parole du Parti Communiste ouvrier de Tunisie (PCOT), Abbdel Raouf Ayadi, vice-président du Congrès pour la République (CPR), Ayachi Hammami, coordinateur du Comité de défense de Maître Mohamed Abbou et secrétaire général de la section de Tunis pour la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH), Mohamed Nouri, président de l'Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISPP), Mokhtar Yahyaoui, président du Centre pour l'Indépendance de la Justice et du Barreau (CIJT), Samir Dilou, avocat et activiste pour les droits de l'Homme, et Lotfi Haji, secrétaire général du syndicat des journalistes tunisiens (SJT). D'après les dernières informations, les grévistes ont une faible pression artérielle et souffrent d'insomnies. Certains d'entre eux commencent à présenter des symptômes de déshydratation. Abbdel Raouf Ayadi a décidé d'arrêter sa grève de la faim cette semaine suite à l'avis de son médecin.

Les grévistes de la faim appellent les autorités tunisiennes à restaurer les droits fondamentaux de tous les tunisiens et à relâcher tous les prisonniers d'opinion, en particulier Hamadi Jebali, Mohammed Abbou, les internautes de Zarzis et Ariana et Mohammed Amine Bettibi, un autre internaute récemment emprisonné.

Les membres du Groupe d'Observation de la Tunisie :

ARTICLE 19, Royaume-Uni
L'Association mondiale des journaux (AMJ), France
L'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), Canada
Le Centre PEN norvégien, Norvège
Le Comité des écrivains en prison du PEN international (WiPC), Royaume-Uni
La Fédération internationale des journalistes (FIJ), Belgigue
Index on Censorship, Royaume-Uni
International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA), Pays-Bas
Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE), Canada
Journaliste en danger (JED), République démocratique du Congo
Media Institute of Southern Africa (MISA), Namibie
L'Organisation égyptienne des droits de l'homme (EOHR), Egypte
L'Union internationale des éditeurs (UIE), Suisse
World Press Freedom Committee (WPFC), États-Unis

Pour la version arabe, voir http://hrinfo.net/ifex/wsis

Le groupe d'observation de la Tunisie de l'IFEX