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Des organisations internationales dédiées à la liberté d'expression annulent une réunion du Sommet mondial de la société de l'information

(IFEX-TMG) - Ci-dessous, une action commune des membres de l'IFEX-TMG :

Des organisations internationales dédiées à la liberté d'expression annulent une réunion du Sommet mondial de la société de l'information

Tunis, le 15 novembre 2005

Alors que le Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI) est sur le point de s'ouvrir en Tunisie (SMSI, Tunis, 16-18 novembre 2005), une série d'incidents graves visant des journalistes et des militants des droits de l'Homme vient de se produire. Le plus choquant a été l'agression du journaliste français Christophe Boltanski le vendredi 11 novembre 2005. Par ailleurs, des journalistes et des membres de la société civile ont été aggressés, certains brièvement détenus, hier alors qu'ils essayaient de se rendre à l'Institut Goethe de Tunis afin de preparer le Sommet citoyen sur la Société de l'Information.

Dans ces conditions, les organisations membres du groupe d'observation de la Tunisie au sein de l'IFEX (IFEX-TMG) ont decidé d'annuler leur réunion commune sur la liberté d'expression. Cette réunion figurant au programme officiel du SMSI, devait avoir lieu ce mardi 15 novembre 2005 à Tunis dans les locaux officiels du SMSI. Ils préfèrent saisir cette opportunité pour dénoncer avec la plus grande fermeté les abus dont sont l'objet les journalistes et la liberté d'expression dans ce pays.

Ces incidents graves illustrent par ailleurs le fait que les inquiétudes formulées par le TMG quant au lieu même du SMSI, un sommet des Nations Unies traitant de communication et de liberté d'expression, étaient pleinement justifiées. Les attaques contre les journalistes et les militants des droits de l'Homme dans les jours précédant le Sommet avaient été non seulement documentées, mais également prévues par le TMG. Le deuxième rapport du TMG intitulé : "Liberté d'expression en Tunisie : le siège s'intensifie" (http://www.campaigns.ifex.org/tmg), rendu public en septembre 2005 à la suite de la troisième mission d'enquête du TMG en Tunisie, indiquait que La Tunisie nétait "pas un endroit approprié pour organiser un Sommet mondial sur la société de l'information".

Au-delà même de l'annulation de son événement officiel du SMSI en réponse à la dernière série d'incidents réprimant la liberté d'expression en Tunisie, le TMG demande au Secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan, qu'il en appelle urgemment aux autorités tunisiennes afin qu'elles mettent un terme aux attaques contre la société civile et la liberté d'expression, non seulement pendant le Sommet, mais également après.

Le TMG demande par ailleurs au Secrétaire général des Nations Unies d'initier une enquête spéciale du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme par rapport aux événements précédant le Sommet.

Plus d'informations sur les incidents qui se sont produits dans les jours précédents le Sommet :

* Poignardage de Christophe Boltanski, l'envoyé spécial de 'Libération' en Tunisie. Il a été battu et poignardé. Par ailleurs, ses effets personels ont été dérobés près de son hotel dans le quartier des ambassades. Alors qu'il appelait au secours, les gardes d'une ambassade attenante n'ont pas réagi. L'agression a eu lieu le lendemain d'un article paru dans 'Libération'. Cet article de Boltanski portait sur les échaufourrées entre policiers et militants manifestant leur soutien aux 7 grévistes de la faim qui sont en grève de la faim pour obtenir la libération des prisoniers politiques en Tunisie.
* Des journalistes étrangers et tunisiens, ainsi que des organisations de droits de l'Homme se sont vus empêcher d'accéder au Goethe Institute de Tunis par un grand nombre de policiers en civil. Ces journalistes et ces organisations internationales devaient s'y réunir pour préparer les événements parallèles au Sommet.
* Un certain nombre de sites web critiquant les autorités tunisiennes sont accessibles aux délégués du Sommet dans le bâtiment official, mais ils restent bloqués dasn le reste de la Tunisie.

Note aux journalistes :

Le groupe d'observation de la Tunisie (TMG) est une coalition de 14 organisations créée en 2004 pour suivre de près la liberté d'expression en Tunisie dans les mois qui conduisent au Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI) et dans les mois qui suivent. Ces 14 organisations sont toutes membres de l'Echange international de la liberté d'expression (IFEX), un réseau mondial de 64 organisations nationales, régionales et internationales engagées dans la défense de la liberté d'expression.

Les membres du TMG sont :

ARTICLE 19, Royaume-Uni
L'Association mondiale des journaux (AMJ), France
L'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), Canada
Le Centre PEN norvégien, Norvège
Le Comité des écrivains en prison du PEN international (WiPC), Royaume-Uni
La Fédération internationale des journalistes (FIJ), Belgique
Index on Censorship, Royaume-Uni
International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA), Pays-Bas
Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE), Canada
Journaliste en danger (JED), République démocratique du Congo
Media Institute of Southern Africa (MISA), Namibie
L'Organisation égyptienne des droits de l'homme (EOHR), Egypte
L'Union internationale des éditeurs (UIE), Suisse
World Press Freedom Committee (WPFC), États-Unis

Le groupe d'observation de la Tunisie de l'IFEX

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