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DES JOURNALISTES D'IRAK, D'AFGHANISTAN ET DE SOMALIE REMPORTENT LES PRIX DU CJFE POUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE

Deux femmes journalistes, qui ont travaillé dans des « conditions impossibles, dignes du temps de guerre » sont les lauréates de cette année des Prix internationaux de la Liberté de la presse, décernés par les Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE). Les récompenses honorent des journalistes dévoués à la liberté d'expression et qui surmontent des difficultés considérables pour rapporter les nouvelles.

Farida Nekzad travaille comme journaliste à promouvoir la liberté de la presse et les droits des femmes en Afghanistan. Elle est actuellement rédactrice en chef de Pajhwok News Agency, la seule agence de nouvelles indépendante d'Afghanistan. Nekzad encourage les femmes à profiter des possibilités qui leur sont offertes à la suite de l'expulsion des talibans du pouvoir. Mais récemment, Nekzad est devenue la cible d'une série d'incidents de harcèlement et de menaces, et a dû modifier sa routine quotidienne. Elle demeure néanmoins déterminée à rester en Afghanistan.

Journaliste dévouée qui savait que sa vie était en danger, Sahar al-Haideri a été tuée en juin en Irak. Elle écrivait dans les conditions les plus dangereuses, défiant et mettant à nu les violations des droits de la personne commises par les groupes extrémistes de sa ville, Mossoul. Elle collaborait avec ARTICLE 19 et l'Institute for War and Peace Reporting, de même qu'à un certain nombre d'agences de nouvelles, dont la National Iraqi News Agency et l'agence indépendante « Voices of Iraq ». Pendant environ un an avant sa mort, certains des articles d'al-Haideri étaient publiés sous un pseudonyme, tandis que son mari et ses quatre enfants s'étaient rendus en Syrie pour échapper à la persécution.

« Notre état psychologique est troublé parce que nous vivons et pensons dans la peur et le souci, et nous pensons toujours à notre avenir et à celui des membres de notre famille, de nos proches et de nos amis », avait déclaré al-Haideri à la « Press Gazette » du Royaume-Uni plus tôt cette année, lorsqu'on lui avait demandé ce que voulait dire être journaliste en Irak. « Mais je n'ai jamais pensé abandonner, parce que le journalisme est toute ma vie et que j'aime vraiment cela. »

Ali Iman Sharmarke est le lauréat du Prix commémoratif Tara-Singh Hayer de la liberté de la presse, qui reconnaît des Canadiens pour leur courage dans la pratique du journalisme. Sharmarke est rentré en Somalie, son pays natal, en 1999 pour aider à rebâtir les médias dans ce pays ravagé par la guerre, et il fut l'un des trois fondateurs de la station de radio « HornAfrik ». Sharmarke a été tué le 11 août, quand sa voiture est passée sur une mine contrôlée à distance au moment de rentrer chez lui, après être allé aux obsèques d'un autre journaliste, Mahad Ahmed Elmi.

« Nous estimons que les lauréats des prix de cette année représentent les meilleurs des journalistes locaux, ceux qui travaillent dans des conditions impossibles, dignes du temps de guerre, et qui n'abandonnent jamais, jusqu'à ce qu'ils fassent sortir la nouvelle », a déclaré la présidente du comité d'attribution des récompenses, Carol Off. « Le fait que deux de nos trois lauréats sont morts à cause de leur travail nous rappelle crûment à quel point ce travail peut être dangereux. »

Dans les dix années qui se sont écoulées depuis la création de ces récompenses, environ 1 000 journalistes ont été tués au travail. Le CJFE s'apprête à souligner ce dixième anniversaire par une rétrospective des lauréats précédents et de leurs luttes pour rapporter les nouvelles dans un monde dangereux.

Le gala de cérémonie de remise des prix aura lieu le 1er novembre, à Toronto.

Pour plus de précisions sur les récompenses et les lauréats, aller à :
http://www.cjfe.org/awards06/index.html
(2 octobre 2007)

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