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Assassinat de Zakia Zaki, directrice d'une radio, figure emblématique du journalisme

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières est profondément choquée par l'assassinat de Zakia Zaki, l'une des figures emblématiques du journalisme indépendant afghan, le 5 juin 2007 à Jabalussaraj (province de Parwan, Nord). Directrice de la radio Sada-e-Sulh (Radio de la Paix) depuis sa création en 2001, Zakia Zaki était également directrice d'une école à Jabalussaraj.

"Que cet acte barbare soit lié au travail de journaliste ou aux engagements civiques de Zakia Zaki, il est impératif que les auteurs soient identifiés et punis au plus vite. Nous demandons au président Hamid Karzaï de déployer tous les moyens nécessaires pour que l'enquête aboutisse et qu'aucune piste ne soit négligée. La directrice de Sada-e-Sulh avait été menacée à plusieurs reprises. Le combat de Zakia Zaki en faveur de la liberté d'expression et de l'émancipation féminine était exemplaire", a affirmé Reporters sans frontières.

Dans la nuit du 5 au 6 juin 2007, deux hommes non identifiés ont pénétré au domicile familial de la journaliste à Jabalussaraj. Ils l'ont tuée de sept balles, sous les yeux de son fils âgé de deux ans. Les tueurs ont ensuite pris la fuite. Une enquête a été ouverte, mais pour le moment aucune piste n'est privilégiée.

Zakia Zaki, 35 ans, aimait à dire que Sada-e-Sulh était "une maison communautaire pour les habitants, le seul endroit où ils osent s'exprimer librement". Sada-e-Sulh est l'unique radio indépendante dans la province de Parwan. Les émissions sont principalement consacrées aux droits de l'homme et à l'éducation.

L'équipe de Sada-e-Sulh a régulièrement été harcelée. L'un des journalistes, Abdul Qudoos, a passé un an en prison pour rien, après avoir été faussement accusé par la députée Samia Sadat. Il avait été arrêté en février 2006 pour une supposée tentative d'assassinat. Zakia Zaki avait été la principale adversaire de Samia Sadat lors des élections législatives. Samia Sadat avait d'ailleurs tenté de fermer cette radio qu'elle considérait comme un instrument de propagande au service de ses adversaires politiques.

Zakia Zaki était notamment connue pour avoir ouvertement critiqué les chefs de guerre afghans et les taliban. Dans un entretien avec une délégation de Reporters sans frontières qui s'était rendue en Afghanistan en 2002, Zakia Zaki avait confié qu'elle avait reçu des menaces de mort de plusieurs chefs moudjahidin. Les chefs locaux du Jamiat-e-islami lui avaient interdit d'interviewer des femmes dans la rue. La journaliste avait également été membre de l'Assemblée constituante en 2003.

Un reportage sur la journaliste figure dans le documentaire "If I stand up", coproduit par l'UNESCO à l'occasion de la Journée internationale de la femme en mars 2005. Ce film dresse le portrait de quatre femmes éminentes dans la société afghane.

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