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Les protestations se multiplient suite à la condamnation à mort du jeune journaliste Sayed Perwiz Kambakhsh

(RSF/IFEX) - Alors que le président Hamid Karzai se trouve au sommet de Davos, en Suisse, Reporters sans frontières lui demande de répondre au plus vite aux nombreux appels à la clémence en faveur du jeune journaliste Sayed Perwiz Kambakhsh, condamné à mort par une cour de Mazar-i-Sharif.

"La condamnation à mort de Sayed Perwiz Kambakhsh est le résultat d'un procès injuste et orchestré par les autorités locales et des leaders religieux extrémistes. Nous demandons au président Hamid Karzai de pendre une décision rapide et claire dans cette affaire qui menace la liberté de la presse dans le pays", a affirmé l'organisation qui a mis en ligne une pétition en faveur de Sayed Perwiz Kambakhsh: http://www.rsf.org/article.php3?id_article=25192

Les Nations unies, de nombreux pays européens et le président du Parlement européen ont déploré la condamnation à mort et la détention du journaliste.

En réponse, le procureur général de la province de Balkh, Hafizullah Khaliqyar, a défendu le verdict rendu, selon lui, "en accord avec les valeurs de l'islam", tout en rejetant les dénonciations de violation des droits de l'homme et de la liberté de la presse.

Alors que l'affaire doit maintenant passer devant une cour d'appel, un juge de la province de Balkh, Fazel Wahab, a déclaré que "seul le président Hamid Karzaï est en mesure de pardonner à Kambakhsh car le journaliste a confessé son crime".

Sayed Yaqub Ibrahimi, frère du journaliste, a qualifié le verdict d'"injuste". Le prévenu n'avait pas d'avocat et il lui a été interdit de se défendre. C'est en réalité Sayed Yaqub Ibrahimi qui était visé dans ce procès. Journaliste réputé qui a couvert la situation politique dans le nord du pays pour l'organisation International War and Peace Reporting (IWPR), il est, depuis plusieurs mois, menacé de mort par des hommes de main d'autorités locales. Les forces de l'ordre ont perquisitionné plusieurs fois son domicile, le mettant en garde contre de nouvelles représailles.

Le ministère afghan de la Culture et de l'Information a déclaré que "ni l'arrestation ni la condamnation de Kambakhsh n'étaient liées à ses activités de journaliste". Puisque "ce n'est pas une violation de la liberté de la presse", l'affaire ne dépend pas de lui. Le ministère a néanmoins affirmé "être confiant dans le fait que le système judiciaire afghan traitera avec la plus grande attention la question de la peine de mort et rendra la justice, d'autant que la condamnation en première instance n'est pas définitive".

De son côté, Rahimullah Samander, président de l'Association des journalistes indépendants afghans (AIJA), a fermement condamné le verdict infligeant la peine capitale à Sayed Perwiz Kambakhsh, arguant qu'il était contraire à la Constitution qui garantit le droit de se défendre en justice et la liberté d'expression. Rahimullah Samandar promet de faire appel devant les cours nationales et internationales et demande au président Hamid Karzai de casser ce jugement.

De son côté, le ministère français des Affaires étrangères a exprimé son indignation à l'annonce de la décision du tribunal de Mazar-i-Sharif: "La France rappelle son opposition absolue à la peine de mort". Le Quai d'Orsay a souligné que "la liberté d'expression doit être garantie dans le respect des principes et des valeurs portés par la Constitution afghane".

Le président du Parlement européen a demandé, le 18 janvier 2008, aux autorités afghanes de libérer Sayed Perwiz Kambakhsh.

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