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Les autorités imposent le black-out des médias pendant les élections; un journaliste critique des talibans est tué

Le gouvernement afghan a demandé aux médias de ne pas rapporter les incidents violents le 20 août, jour de l'élection, afin de favoriser la participation au scrutin
Le gouvernement afghan a demandé aux médias de ne pas rapporter les incidents violents le 20 août, jour de l'élection, afin de favoriser la participation au scrutin

Khaled Nahiz/IRIN

Les forces de sécurité ont fait obstacle à des journalistes, en ont agressé et détenu d'autres la semaine dernière en Afghanistan, faisant ainsi appliquer un ordre officiel d'éviter de retransmettre dans les méfias électroniques quelque incident violent que ce soit pendant l'élection présidentielle, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et les Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE). Par ailleurs, dans les zones tribales du Pakistan, un journaliste afghan critique à l'égard des talibans a été tué, indiquent la Fondation de la presse du Pakistan (PPF) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

La police a détenu brièvement le 20 août au moins trois journalistes étrangers et plusieurs journalistes locaux, disent le CPJ et le CJFE. D'autres journalistes ont aussi été tabassés, menacés à la pointe d'armes à feu et se sont fait confisquer leur équipement, mais on ne rapporte pas de blessures graves. Presque tous les incidents rapportés se sont produits sur les lieux d'attentats commis par des groupes militants.

Deux jours avant les élections, le gouvernement a émis une déclaration dans laquelle il demandait aux médias de s'abstenir de rapporter les incidents violents et de se tenir à l'écart des scènes d'attentats pendant les heures de scrutin le jour de l'élection, « afin d'assurer une vaste participation du peuple afghan », rapportent le CPJ, l'Institut international de la presse (IIP) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

Selon la version anglaise de la déclaration, les médias étaient « priés » de suivre les lignes directrices. Mais la version en langue Dari disait que la radiodiffusion de nouvelles ou de séquences vidéo d'un « attentat terroriste » était « interdite », rapporte le CPJ.

Les talibans ont accentué leurs attaques dans les jours précédant le scrutin; ils ont mis les citoyens en garde de ne pas aller voter et ont menacé de s'attaquer aux bureaux de scrutin.

« Cette demande constitue un affront au journalisme libre et indépendant, qui devrait être un élément fondamental de tout processus électoral », a déclaré l'IIP, qui a qualifié la démarche de tentative « flagrante de censure ».

D'après les dépêches, avant même que l'interdiction n'entre en vigueur, la police avait déjà le 19 août refoulé brutalement les journalistes qui arrivaient sur la scène d'un attentat suicide contre une banque de Kaboul. Au moins un photographe s'est fait démolir son appareil.

« Les forces de sécurité doivent cesser de détenir et d'agresser les reporters; elles doivent permettre la couverture libre des élections et de la violence qui l'accompagne », a déclaré le CPJ. « Ce sont les journalistes, et non les gouvernements, qui décident des nouvelles à couvrir. »

Les premiers résultats indiquent que le candidat sortant, Hamid Karzaï, détient une mince avance sur son plus proche rival, Abdullah Abdullah. Mais des accusations de fraude généralisée et de bourrage d'urnes, ainsi que des préoccupations concernant la faible participation au scrutin font planer un doute sur la légitimité de l'élection. D'après la Force d'assistance à la sécurité internationale (International Security Assistance Force), placée sous la direction de l'OTAN, il y a eu plus de 400 attentats commis par les insurgés le jour de l'élection, ce qui en ferait l'un des jours les plus violents survenus en Afghanistan depuis 2001.

Ailleurs, au Pakistan voisin, un journaliste afghan, critique des talibans, a été tué le 24 août, selon ce que rapportent la Fondation de la presse du Pakistan (PPF) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

Janullah Hashimzada, correspondant en chef basé à Peshawar de la Télévision Shamshad d'Afghanistan, a été abattu tandis qu'il rentrait d'un voyage en Afghanistan à bord d'un minibus près de Jamrud, dans le district de Khyber, au nord-ouest du pays.

Opérant en plein jour, trois hommes masqués ont ouvert le feu sur le minibus, tuant Hashimzada sur le coup et blessant son collègue, Ali Khan, dit le CPJ.

« C'était un assassinat ciblé, purement et simplement », a déclaré à l'IIP Shamim Shahid, président du Peshawar Press Club.

Hashimzada « était très critique des talibans, et quelques-uns de ses reportages étaient inacceptables autant pour les gouvernements pakistanais et afghan, que pour les agences de renseignement. Il avait trop d'informations concernant les militants, les talibans et les agences de renseignement », d'ajouter Shahid.

Hashimzada travaillait pour plusieurs médias d'informations afghans et pakistanais, dont l'agence de nouvelles indépendante afghane Pajhwok et les journaux pachtounes « Vahdat » et « Sahar ».

Des amis ont dit qu'il couvrait les questions délicates et qu'il avait reçu des menaces et subi des pressions au cours des trois dernières semaines pour qu'il abandonne son travail journalistique et quitte Peshawar.

La région agitée du nord-ouest du Pakistan est devenue un bastion militant depuis 2001, soit depuis l'invasion de l'Afghanistan par la coalition dirigée par les États-Unis. Les militants talibans et les forces de sécurité, en guerre pour le contrôle des sept agences tribales des Zones tribales semi-autonomes sous administration fédérale, présentent une menace pour les reporters, disent le CPJ et PPF.

« Les journalistes qui se trouvent dans les zones de conflit du Pakistan et de l'Afghanistan vont continuer à vivre désespérément dans l'insécurité, à moins que nos gouvernements n'élaborent des plans concrets pour assurer leur sûreté et ne traduisent en justice ceux qui tuent, blessent et enlèvent les journalistes, et qui le font en toute impunité », dit Owais Aslam Ali, de la PPF.

Selon le CPJ, des inconnus armés, dans la Province frontalière du Nord-Ouest du Pakistan, ont abattu le 14 août le journaliste de la télévision Siddique Bacha Khan. Lors de deux incidents séparés en juillet, deux journalistes ont déclaré que des militants avaient mis à sac et détruit leur domicile en représailles à leurs reportages.

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