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Cent jours de présidence d'Ashraf Ghani

REUTERS/Mohammad Ismail

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 19 janvier 2015.

Le 12 janvier 2015, un nouveau gouvernement d'union nationale s'est formé en Afghanistan. Reporters sans frontières salue la nomination de plusieurs défenseurs des droits de l'homme et de la liberté de l'information, dont la journaliste Najiba Ayubi, qui figure dans la liste des “100 héros de l'information” et Ai Soltan Khirie, poète et journaliste de renom.

Les 100 premiers jours de la présidence d'Ashraf Ghani Ahmadzai et de son chef de l'exécutif Abdullah Abdullah ont été marqués par des avancées notables en matière de la liberté de de la presse. En septembre 2014, plusieurs déclarations en faveur de la liberté de l'information ont été faites par les deux hommes. Des mesures déterminantes en faveur de la liberté de l'information telles que l'adaptation de la loi sur l'accès à l'information, la suppression de la commission des délits des médias, la création, prévue par la nouvelle loi sur la presse, d'un organe de régulation, ont aussi été prises.

Mais cette période a également été marquée par la poursuite des violences à l'encontre des journalistes, déclenchées au début de la couverture électorale en octobre 2013. Depuis plus d'un an, les Taliban intensifient leurs attaques contre la population civile, prenant notamment pour cible les journalistes et les médias. Reporters sans frontières a également recensé au moins neuf arrestations de journalistes et net-citoyens, plus de 55 agressions et menaces, cinq enlèvements, et quatre attaques fatales dont deux sur des reporters étrangers. Malgré cette vague d'attaques, les journalistes afghans ont continué à jouer un rôle important et responsable dans la couverture des élections et de la crise post-électorale.

"La guerre menée par les Taliban contre la volonté de paix et de démocratie du peuple afghan, qui s'est exprimée lors de l'élection présidentielle, est la principale raison de la poursuite des violences et de l'instabilité qui en découle. Mais de plus en plus souvent, les médias et les journalistes sont menacés par des responsables administratifs et militaires locaux. Il faut mettre fin à toutes ces exactions", déclare Réza Moïni, responsable du bureau Iran-Afghanistan.

Reporters sans frontières insiste à nouveau sur l'importance pour le gouvernement afghan d'aborder les points essentiels suivants et de considérer les recommandations déjà apportées dans le rapport d'information "Election présidentielle en Afghanistan, les médias locaux en première ligne" publié par l'organisation en mars 2014 :

- Reporters sans frontières continue de dénoncer l'impunité dont jouissent les auteurs des exactions à l'encontre des journalistes, qui surviennent en majorité hors de la capitale. Depuis 2002, au moins 32 professionnels des médias ont payé de leur vie leur travail d'information. Les femmes journalistes sont particulièrement visées par des actes de violence et d'intimidation.

- Les nouveaux ministères de l'Intérieur et de la Justice doivent relancer les enquêtes sur les journalistes assassinés et les agressions les plus graves. Ils doivent s'assurer que la police mène des enquêtes sur chaque cas d'agression ou de menace, prennent les mesures nécessaires pour sanctionner leurs auteurs et que les dossiers complets soient transmis aux procureurs et aux juges.

- Le ministère de l'Information doit favoriser l'indépendance éditoriale des médias d'État.

- Le gouvernement et les autorités religieuses doivent défendre le droit des femmes journalistes à travailler au même titre que les hommes, y compris à la télévision.

L'Afghanistan se situe à la 128ème position dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontières.

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