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Le rythme des efforts de campagne s'accélère alors que les membres de l'IFEX intensifient leurs efforts en faveur de la libre expression

Diverses campagnes prennent leur élan en Afrique alors que des membres de l'IFEX augmentent leurs pressions contre les gouvernements répressifs. Leurs efforts courageux visent à mettre fin à la criminalisation des infractions liées à l'édition, qui expose les rédacteurs et journalistes à recevoir des menaces à leur sécurité et mène tout droit à la fermeture de médias, à des luttes juridiques et à l'emprisonnement de travailleurs des médias.

« Au-delà du harcèlement traditionnel des médias par l'état, l'autocensure motivée par des intérêts commerciaux bafoue l'indépendance de la presse – il s'agit d'un enjeu majeur auquel les journalistes et les défenseurs des médias (africains) sont également confrontés, » déclare David Makali, directeur de Media Initiative, une organisation basée au Kenya.

Lors de la réunion de préparation du Congrès de l'IFEX qui a eu lieu à Toronto en juin dernier, les membres présents ont accordé leur plein appui au Programme de soutien aux campagnes et à l'action revendicatrice de l'IFEX et ont fixé comme priorité l'appui à la mise en oeuvre de campagnes et au développement de réseaux en Afrique.

Pour inviter les membres à s'impliquer et à collaborer davantage aux différentes campagnes de sensibilisation de l'opinion publique dans l'ensemble du continent, cette édition de PLEINS FEUX met en lumière plusieurs campagnes qui sont actuellement menées par des membres de l'IFEX, notamment en Érythrée, en Éthiopie, au Zimbabwe et en Gambie.

Une lueur d'espoir après une longue campagne d'appui à la libération de prisonniers en Éthiopie

On a poussé un soupir de soulagement dans tout le réseau de l'IFEX à l'annonce de la libération et de la réhabilitation officielle de quatre rédacteurs, Andualem Ayele, Mesfin Tesfaye, Wonakseged Zeleke et Dawit Fassil, ainsi que plusieurs autres prisonniers politiques détenus en Éthiopie, après un séjour en prison de 21 mois.

Les membres de l'IFEX en Afrique et ailleurs dans le monde militaient en faveur de la libération des prisonniers politiques et des journalistes en Éthiopie depuis le 2 novembre 2005 – date d'une manifestation par le parti d'opposition Coalition for Unity and Democracy (CUD), qui a entraîné d'importantes mesures de répression de la part du gouvernement du premier-ministre Meles Zenawai. Parmi les 38 individus arrêtés et considérés comme étant les porte-parole de l'opposition, lesquels ont été accusés de trahison et de génocide, figuraient 17 éditeurs et Kifle Mulat, chef de l'Ethiopian Free Press Journalists' Association (EFJA), un membre de l'IFEX. En résultat, Mulat a été forcé de s'exiler.

Malgré cette nouvelle encourageante, la campagne de défense de la libre expression se poursuivra en Éthiopie. On déploie actuellement des efforts pour venir en aide à deux journalistes en particulier, Abey Gizaw et Zelalem Guebre, qui demeurent emprisonnés dans des conditions déplorables sous le coup d'accusations similaires.

Le 29 juin 2007, dans le cadre de la campagne « Journalistes africains hors de prison », la Fédération internationale des journalistes (FIJ), Media Foundation for West Africa (MFWA), l'Union des Journalistes de l'Afrique de l'Ouest et d'autres ont lancé un appel au nom des journalistes incarcérés en Éthiopie, en Érythrée, en Gambie et au Zimbabwe – « les plus grands violeurs de la liberté d'expression du continent. » Selon Gabriel Baglo, directeur du bureau régional africain de la FIJ, « Notre appel visait les chefs d'état, les leaders politiques, les représentants des gouvernements, les pouvoirs judiciaires et parlementaires et toutes les personnalités qui ont le pouvoir de libérer nos collègues emprisonnés. »

Cette campagne est née de la réunion des groupes affiliés de la FIJ en Afrique à Rabat, au Maroc, en 2006, et participe de la stratégie de plaidoyer de l'organisation contre l'impunité. Elle vise ainsi à faire libérer les journalistes emprisonnés et à mettre un terme aux politiques et lois qui permettent d'envoyer des journalistes en prison.

Quête de justice et de réforme juridique en Gambie

Le dossier affligeant de la Gambie au chapitre de la liberté d'expression ne passe pas inaperçu grâce aux efforts déployés par les membres africains et internationaux de l'IFEX dans le cadre de leurs campagnes respectives. Le Réseau des organisations africaines de défense de la liberté d'expression (NAFEO) et la MFWA ont lancé une campagne à plusieurs volets en mai 2007 en réaction à la répression continue de la presse indépendante par le gouvernement, dénonçant notamment la mise aux arrêts et la détention de journalistes, la fermeture de médias et l'interdiction de tenir des réunions publiques sur la liberté d'expression. D'ailleurs, la tension est montée d'un cran depuis la disparition de Chief Ebrima Manneh, un journaliste du « Daily Observer », qui a été arrêté le 11 juillet 2006. Le gouvernement a récemment nié avoir même jamais détenu Manneh, mais on demeure sans nouvelles de lui.

En entamant des poursuites au nom de Manneh contre la République de Gambie à la Cour de justice communautaire de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (ECOWAS) au Nigeria, ces groupes font appel au programme de défense juridique destiné aux journalistes de la MFWA pour réclamer la libération immédiate de Manneh et le versement d'un dédommagement adéquat.

En juillet, la MFWA et le NAFEO ont exposé au grand jour le dossier effroyable du président Yahya Jammeh en publiant un livre sur ses années au pouvoir, soit de 1994 à 2006, une période pendant laquelle les droits des journalistes et des critiques ont été gravement bafoués.

La campagne s'est également accélérée en prévision de l'ouverture prochaine du sommet des chefs d'État de l'Union africaine du 25 au 27 juin 2007. Les membres du NAFEO qui y assistent, notamment Media Rights Agenda (MRA), Journaliste en Danger (JED) et l'Institut des medias d'Afrique du Sud (MISA), ainsi que d'autres organisations incluant ARTICLE 19 et le Rapporteur spécial pour la liberté d'expression de la Commission africaine des droits humains et des peuples, ont rédigé un traité africain sur la liberté d'expression et ont également mobilisé des appuis pour aider les efforts de plaidoyer en Gambie.

Comme l'indique le professeur Kwame Karikari, directeur de la MFWA, « Si vous contestez une loi mais omettez de la réformer, rien ne changera. Pour cette raison, nous avons récemment mis en oeuvre un programme de réforme juridique destiné à changer les lois préjudiciables à la liberté de la presse et à la liberté d'expression en général... [et] nous plaidons auprès des membres de l'Union africaine pour que soient signés des traités garantissant la liberté de la presse. »

La planification de la prochaine rencontre du NAFEO, prévue en septembre 2007, est commencée. Veuillez contacter [email protected] pour plus de détails ou pour appuyer cette initiative.

L'appel de Table Mountain : Le programme du Congrès de l'AMJ accorde aux campagnes de défense de la liberté de la presse une position prioritaire

Le 4 juin 2007, l'Association mondiale des journaux (l'AMJ) a sonné le coup d'envoi du 60e Congrès de l'Association mondiale des journaux et du 14e Forum mondial des éditeurs au Cap en Afrique du Sud. Profitant de cet événement annuel, le premier pour l'Association en territoire africain, l'AMJ a présenté la Déclaration de Table Mountain – un appel à l'action lancé à l'ensemble des états africains, visant à défendre la liberté de la presse et les médias indépendants. Dans le cadre de cette campagne à long terme, l'AMJ entend présenter la déclaration devant l'Assemblée générale de l'ONU, à l'UNESCO et à l'Union Africaine, dans l'espoir de provoquer des changements qui ouvriront la voie à des médias démocratiques et pluriels au cours des dix prochaines années.

« En persistant à dénoncer courageusement les atteintes à la liberté de la presse, les organisations locales de défense de la liberté d'expression se placent au coeur même de la campagne, » affirme Virginie Jouan, codirectrice de la liberté de la presse et du développement pour l'AMJ. La campagne appelle les gouvernements africains à mettre fin aux lois sur les « insultes » et la diffamation criminelle là où elles sont appliquées, ainsi qu'à toute autre loi entravant la liberté de la presse. « La liberté de la presse demeure instrumentale dans la lutte contre la corruption, la famine, la pauvreté, les conflits violents, la maladie et le manque d'éducation, » affirme l'AMJ.

L'organisation travaille avec différents membres de l'IFEX, notamment Reporters sans Frontières, l'Institut international de la presse, le Comité pour la protection des journalistes, PEN International, la FIJ et Article 19, et prépare actuellement un ensemble d'initiatives conjointes possibles, des événements et missions ainsi que le lancement d'un site Web consacré à la campagne.

Faire avancer les stratégies de plaidoyer à grands bonds : collaboration et sensibilisation

Les membres de l'IFEX démontrent leur engagement solide envers la création d'un environnement de liberté de la presse et d'expression vivant à travers l'Afrique par l'élaboration de stratégies de campagnes locales et internationales. En Afrique de l'Est, Media Initiative a ranimé ses fonctions de contrôle et de plaidoyer et est en pleine organisation d'un Forum des éditeurs africains, qu'accueillera la Guilde des éditeurs du Kenya à la fin d'octobre 2007. La liberté d'expression et de plaidoyer en Éthiopie, en Érythrée et au Zimbabwe seront les points de mire de la conférence. Veuillez contacter David Makali ([email protected]) pour plus de renseignements ou pour participer à cette initiative.

C'est avec enthousiasme que le Secrétariat de l'IFEX appuiera les efforts de campagnes en Afrique en aidant les membres à travailler ensemble, renforçant ainsi les groupes africains de défense de la liberté d'expression et sensibilisant la communauté internationale.

Par Yael Berger (stagiaire chez CJFE et l'IFEX) et Katie Meyer (coordinatrice des alertes et du Programme d'extension de l'IFEX).

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