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Les salles de nouvelles d'Afrique ont encore beaucoup de chemin à parcourir avant de réaliser l'égalité des sexes, constate un sommet des médias

Une fille de 16 ans du Mozambique, qui avait subi un avortement raté, est désignée nommément, de même que son domicile et son école, dans un journal local. Un tabloïd ougandais scrute le site Facebook à la recherche d'homosexuels afin de les présenter dans un article en première page sur les « 100 principaux homos » du pays. Des délégués de 20 pays au quatrième Sommet sur les genres et les médias d'Afrique australe (Southern African Gender and Media, GEM) cette semaine à Johannesburg, organisé conjointement par l'Institut des médias d'Afrique australe (Media Institute of Southern Africa, MISA), ont utilisé ces cas pour exprimer leur extrême déception devant la lenteur des changements dans les salles de nouvelles d'Afrique et devant leur couverture de la problématique hommes-femmes.

Par exemple, alors que les femmes représentent 41 pour 100 des employés des médias, moins du quart d'entre elles sont des cadres supérieurs et une poignée seulement sont des décideurs au sommet de la pyramide, selon les conclusions publiées au forum.

Et bien que 24 pour 100 seulement des personnes entendues, vues ou interviewées dans les nouvelles soient des femmes, d'après l'étude « Qui figure dans les nouvelles ? » du Projet mondial de surveillance des médias (Global Media Monitoring Project), ce nombre tombe à 19 pour 100 en Afrique - et à 14 pour 100 à peine au Mozambique.

« Nous ne pouvons parler de liberté d'expression quand la moitié de la population est dans les faits réduite au silence », dit Colleen Lowe Morna, directrice générale du groupe Gender Links for Equality and Justice. « Il est troublant que le progrès soit si lent dans des pays comme l'Afrique du Sud, l'île Maurice et la Namibie, qui ont les médias les plus importants, les plus divers et censément les plus “libres” de la région. »

La proportion des sources féminines dans ces trois pays reste stagnante depuis six ans à environ 20 pour 100, dit Gender Links.

« Ces constatations soulèvent la question de ce que nous comprenons vraiment par liberté d'expression, démocratie et participation citoyenne », ont déclaré les délégués au sommet. « Alors que les formes plus flagrantes de censure peuvent reculer, nos médias quotidiens réduisent au silence de larges segments de la population, notamment les femmes. »

Les délégués ont souligné le fait que nulle part les médias ne sont près de satisfaire aux dispositions du Protocole sur les rapports hommes-femmes et le développement, mis au point par la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (SADC), qui a fixé 28 objectifs à réaliser avant 2015. Parmi les buts des médias, on compte : la réalisation de la parité en matière de prise de décision; une voix égale pour les femmes et les hommes; la contestation des stéréotypes sexuels; et l'assurance d'une couverture sensible des questions liées au VIH-SIDA et de la violence sexuelle.

Gender Links a déterminé plus de 100 entreprises de médias avec lesquelles il entend travailler au cours de la prochaine année afin d'adopter des codes de pratique sur les rapports hommes-femmes dans les salles de nouvelles. On trouvera davantage de recommandations issues du sommet sur le site web de Gender Links.

Organisé par Gender Links, le MISA et le Réseau d'Afrique australe sur les rapports hommes-femmes (Gender and Media Southern Africa Network), l'événement d'une durée de trois jours s'est tenu du 13 au 15 octobre sous le thème « Rapports hommes-femmes, Médias, Diversité et Changement : Faire le point ».

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