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La protection des journalistes inscrite à l'ordre du jour d'un important forum de défenseurs des droits de la personne

En 2009, Amnistie Internationale a organisé une campagne de photos intitulée « Où est Ebrima ? », qui demande la libération d’Ebrima Manneh de la Gambie. La photo représente un mémoire venant de Londres
En 2009, Amnistie Internationale a organisé une campagne de photos intitulée « Où est Ebrima ? », qui demande la libération d’Ebrima Manneh de la Gambie. La photo représente un mémoire venant de Londres

Amnesty International

Les journalistes en Afrique sont le groupe des défenseurs des droits de la personne le plus persécuté du continent. Ce fut donc une grande victoire pour les membres de l'IFEX que la libre expression et la protection des journalistes soient portées à l'ordre du jour pour la première fois dans l'histoire du forum des ONG, qui s'est tenu du 7 au 10 novembre, avant la 48e session de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (ACHPR) à Banjul, en Gambie. Leurs recommandations vont inspirer - et aussi influencer, espère-t-on - l'ACHPR, dont la réunion prendra fin le 24 novembre.

Selon Fatou Jagne Senghore d'ARTICLE 19, qui présidait une table d'experts, dans tous les coins du continent, la sécurité des journalistes est compromise, surtout pour ceux qui travaillent dans les zones de conflit ou qui viennent de traverser un conflit. « Une décennie après le début du nouveau millénaire, les assassinats de journalistes sont trop fréquents, comme on le constate au Nigéria, en Angola, en Ouganda, au Cameroun et en Somalie », dit Omar Faruk Osman, président de la Fédération africaine des journalistes et dirigeant du Syndicat national des journalistes somaliens (National Union of Somali Journalists, NUSOJ).

De lourdes peines de prison pour les journalistes - souvent en vertu de lois draconiennes qui criminalisent les délits de presse - constituent toujours une des pires menaces pour la libre expression en Afrique. Au Cameroun, par exemple, plus d'une dizaine de journalistes ont été traduits devant les tribunaux au cours de la dernière année. Certains journalistes croupissent toujours en prison sans même être passés en jugement.

Prenons par exemple le cas de « Chief » Ebrima Manneh, de Gambie, journaliste au quotidien « Daily Observer ». Manneh a été arrêté à Banjul en juillet 2006 par des agents du renseignement du pays, une semaine après avoir prétendument transmis des renseignements « préjudiciables » lors d'un sommet de l'Union africaine. Il est détenu au secret depuis son arrestation - même après qu'un tribunal africain eut statué en 2008 que sa détention est illégale et eut ordonné aux autorités de le libérer.

Confronté par une délégation de participants du Forum des ONG, le ministre de la Justice et procureur général de Gambie, Edward Gomez, a nié que Manneh fût détenu. Mais il a aussi promis qu'aucun journaliste ne verrait ses droits bafoués pendant la durée de son mandat. Il a également promis de faire enquête sur les dispositions du Code criminel et sur la Loi modifiant la loi sur les journaux, qui font des délits de presse un crime passible de la prison.

Débarrasser l'Afrique de ses lois sur l'insulte et la diffamation criminelle a fait l'objet de l'une des résolutions clés adoptées au Forum des ONG et présentées à la Commission africaine.

Les membres de l'IFEX, dont ceux du Groupe de l'IFEX chargé de la surveillance de la Tunisie (TMG de l'IFEX), ont aussi insisté sur le fait que le système judiciaire n'a pas fait grand-chose pour protéger les journalistes. Les tribunaux servent plutôt à écraser la dissidence. Prenons la Tunisie, où le correspondant de la télévision Fahem Boukaddous a été jugé et condamné à quatre ans de prison pour avoir couvert des manifestations de protestation contre le chômage et la corruption dans une industrie minière locale. Les membres du TMG de l'IFEX font pression pour obtenir la libération de Boukaddous, qui souffre d'asthme, et qui a mis fin récemment à une grève de la fin de cinq semaines.

L'absence d'indépendance du système judiciaire n'est pas un problème uniquement en Tunisie, mais aussi en Gambie, au Burundi, en Ouganda et en République démocratique du Congo, selon les dires des membres du forum des ONG. Ceux-ci ont invité les membres de l'Union africaine à « respecter les dispositions de leurs diverses constitutions en ce qui concerne l'indépendance de la magistrature et la séparation des pouvoirs ».

Même en Afrique australe, souvent louée pour être le phare de la libre expression en Afrique, Freedom House constate qu'aucun pays n'a une presse libre. L'Afrique du Sud fait face à un nouveau danger, sous la forme d'une proposition de Loi sur un Tribunal des médias et la protection de l'information, qui rappelle les jours sombres de l'apartheid. Les membres du forum ont demandé au Rapporteur spécial de la liberté d'expression et président de la Commission africaine d'intervenir et d'apporter un appui et ses lumières à l'Afrique du Sud dans ses délibérations sur les propositions.

Un nombre sans précédent de membres de l'IFEX ont assisté cette année au Forum des ONG, dont Freedom House, le NUSOJ, la Fondation pour les médias en Afrique de l'Ouest (MFWA), l'Union des journalistes d'Afrique de l'Ouest (UJAO), le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI), l'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS), ARTICLE 19 et la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

Au cours des mois à venir, ces groupes vont exercer des pressions auprès des États africains pour qu'ils se conforment à leurs résolutions.

Cliquer ici pour télécharger les résolutions au complet
Cliquer ici pour télécharger la déclaration de MFWA
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