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Un journaliste passe la nuit en garde à vue après la publication d'un article mettant en cause les "liens entre les forces de l'ordre et la mafia locale"

(RSF/IFEX) - Noureddine Boukraa, responsable du bureau du quotidien national "Ennahar" à Annaba (600 km à l'est d'Alger), a été interpellé le 12 novembre 2007 et placé en garde à vue pendant la nuit après avoir publié un article dénonçant des malversations des services de sécurité locaux.

"Les journalistes algériens n'exercent pas leur métier sereinement, malgré l'accalmie trompeuse dont ils semblent bénéficier depuis le début de l'année. Les articles traitant des pratiques de corruption dans les régions peuvent toujours conduire les journalistes au poste de police", a déclaré Reporters sans frontières.

"L'interpellation de Noureddine Boukraa est inacceptable. Le journaliste aurait répondu à une convocation du procureur, si ce dernier s'était donné la peine de le faire. Au lieu de cela, le correspondant d''Ennahar' a été traité comme un criminel", a ajouté l'organisation.

Noureddine Boukraa a été interpellé par quatre policiers d'Annaba, munis d'un mandat d'amener signé par le procureur de la ville. Il a été conduit au quartier général de la police judiciaire où il a été informé qu'une plainte en "diffamation" avait été déposée contre lui. Les membres de la brigade ont refusé de lui communiquer le nom du plaignant. Le journaliste n'a pas été autorisé à contacter un avocat. Après avoir passé la nuit dans une cellule, Noureddine Boukraa a été conduit, le 13 novembre, devant un juge d'instruction. Le journaliste a finalement appris qu'une plainte avait été déposée contre lui par un industriel, Ahmed Zaïm, qu'il avait accusé d'avoir corrompu des juges dans un article publié en 2005 dans le quotidien "Echourouk".

"La magistrate m'a demandé l'identité de mes informateurs, n'hésitant pas à me donner des leçons de journalisme. (. . . ) Lorsque l'on touche à des pontes du système, on s'attend à une réaction", a déclaré Noureddine Boukraa à Reporters sans frontières. Selon lui, son interpellation serait avant tout liée à la publication, le 12 novembre, d'un article sur le procès, qui s'ouvrait le jour même, d'un ancien responsable des services des Renseignements généraux. Dans cet article, le journaliste mettait en cause les "liens entre les forces de l'ordre et la mafia locale".

L'Algérie occupe la 123e place sur 169 du classement mondial de la liberté de la presse, établi par Reporters sans frontières en octobre 2007.

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