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La SIP, fer de lance d'un projet sur l'impunité; les journalistes sont visés dans toute la région

Les journaux de la région unissent leurs forces pour combattre l’impunité.
Les journaux de la région unissent leurs forces pour combattre l’impunité.

via IAPA

Les lecteurs de journaux à travers les Amériques sont invités à se joindre à la campagne de la Société interaméricaine de la presse (SIP) pour exiger qu'on rende justice dans les affaires de journalistes assassinés. Un nombre croissant de journaux participent à cette campagne de bannières en ligne destinée à attirer l'attention sur les meurtres qui restent impunis dans la région. Encore la semaine dernière, plusieurs journalistes et leurs familles ont été visés dans trois pays, avec des conséquences tragiques.

La semaine dernière au Honduras, la fille d'une journaliste a été tuée par erreur dans une tentative de meurtre dirigée contre sa mère, indiquent la SIP et le Comité por la Libre Expresión (C-Libre). Le fils d'un autre journaliste a été assassiné. Par ailleurs, deux journalistes ont aussi été tués en Colombie et au Brésil dans des circonstances nébuleuses, selon ce que rapportent des membres de l'IFEX.

« Mettons fin à l'impunité », tel est le nom de l'initiative mise sur pied par la SIP dans le but d'orienter les usagers de l'Internet directement vers un nouveau site web sur l'impunité ( http://www.impunidad.com/ ) afin qu'ils ajoutent leur nom à une pétition qui est envoyée au président d'un pays où une affaire de journaliste assassiné demeure non résolue et dont les auteurs restent impunis. Les journaux participants comprennent : « El Nacional », au Venezuela; « Clarín » en Argentine; « El Imparcial », « Hermosillo » et « El Universal » au Mexique; « Diario Las Américas » aux États-Unis; et « La Prensa » au Honduras, entre beaucoup d'autres.

Dans les Amériques, au cours des deux dernières décennies, plus de 350 meurtres de journalistes n'ont pas été portés devant la justice, dit la SIP. En 2009, la tuerie n'a pas cessé.

Au Honduras, la fille de seize ans de la journaliste de la télévision Karol Cabrera a été abattue le 15 décembre tandis qu'elle circulait en voiture dans Tegucigalpa, la capitale, rapporte C-Libre. Elle était enceinte de huit mois. On croit que l'attentat était dirigé contre sa mère. D'après C-Libre, la police a reçu un coup de téléphone anonyme qui disait : « Désolé, il y a eu erreur sur la personne. »

Cabrera anime des émissions de télévision aux stations de la chaîne privée « Canal 54 » et de la chaîne d'État « Canal 8 », ainsi qu'une émission de radio à la station privée « Radio Cadena Voces » à Tegucigalpa. La SIP et C-Libre rapportent que Cabrera - et sa station - appuient le régime de Roberto Micheletti, qui a tenté de lier ce meurtre aux partisans du président déchu. Cette même semaine, C-Libre rapporte que le fils d'un autre journaliste, Edwin Orlando Canaca, a été assassiné. On ne rapporte rien des circonstances de sa mort.

Aussi la semaine dernière, le 14 décembre, l'homme d'affaires brésilien et journaliste de la radio José Givonaldo Vieira a été abattu à son arrivée à son bureau de « Bezerros FM », rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la SIP et Reporters sans frontières (RSF). L'émission qu'il présentait, « Bezerros Comunidade », critiquait les autorités locales, mais le mobile n'a pas été établi. L'Associaçao Brasileira de Jornalismo Investigativo (ABRAJI) enquête toujours sur un lien entre le meurtre du journaliste et son travail.

En outre, en Colombie, le journaliste Hárold Humberto Rivas Quevedo a été abattu le 16 décembre, selon ce que rapportent la Fundación para la Libertad de Prensa (FLIP) et d'autres membres de l'IFEX. Rivas Quevedo était l'animateur d'une émission d'affaires publiques et de commentaires politiques à la télévision locale, et commentateur sportif à la radio locale. Il se montrait critique à l'égard des problèmes civiques, mais évitait les questions délicates et ne contestait pas directement les autorités, dit le CPJ.

« Le mobile du meurtre reste encore à déterminer, mais nous prions les autorités de ne pas écarter la possibilité que cet assassinat soit lié au travail de la victime comme journaliste », dit RSF. « Dans un pays déchiré par une guerre civile sans fin, les journalistes communautaires, qui souvent travaillent dans les zones les plus durement frappées, se trouvent sur la ligne de front. Les émissions de discussion politique qu'animait Rivas pourraient l'avoir exposé à des représailles. »

Le projet de la SIP sur l'impunité inclut la formation des reporters afin de réduire les risques à courir pour couvrir la nouvelle, la surveillance de la liberté de la presse et la défense de la justice et de l'action juridique pour combattre l'impunité.

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