RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Les autorités bloquent les activistes qui se rendent à un sommet parallèle à celui de la SADC

Visa angolais de la lournaliste Joana Macie
Visa angolais de la lournaliste Joana Macie

Joana Macie via CPJ

Dans ce qui constitue une restriction apparente de la libre expression, les journalistes et les activistes qui voulaient participer aux activités qui devaient entourer la semaine dernière le sommet de la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (SADC) à Luanda, en Angola, se sont vu nier l'entrée au pays, selon ce que rapportent l'Institut des médias d'Afrique australe (Media Institute of Southern Africa, MISA), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Human Rights Watch. Un forum parallèle de la société civile a également été annulé.

Depuis le 11 août, l'Angola a refusé l'entrée au pays d'au moins 17 membres d'ONG d'Afrique australe qui souhaitaient participer au 7e Forum de la Société civile de la SADC, une rencontre qui se tient habituellement en parallèle aux sommets de la SADC. Les membres signalent que les autorités ont en outre confisqué les rapports de militants du Zimbabwe sur les droits de la personne.

Les autorités ont annulé soudainement le forum de la société civile pour des « raisons de sécurité » non précisées. Le forum devait présenter des discussions sur la gouvernance, la reddition de comptes, la liberté des médias et l'accès à l'information - « domaines dans lesquels l'Angola accuse un retard », dit le CPJ.

Les journalistes Joana Macie et Manuel Cossa du Mozambique ont également été empêchés d'entrer au pays le 11 août, parce que, à ce que l'on prétend, ils n'avaient pas les visa d'entrée appropriés, selon ce que rapportent le MISA, le CPJ et Human Rights Watch. Ils avaient été invités à participer à un atelier sur la couverture de l'actualité économique et sur les rapports hommes-femmes.

Le CPJ rapporte que, dans une déclaration en date du 12 août, trois éminentes organisations de la société civile africaine ont appelé les leaders des États membres de la SADC à refuser la présidence rotative de l'organisation au Président de l'Angola José Eduardo dos Santos, qui devrait devenir le prochain président de la SADC.

« Nous croyons fermement que l'Angola ne mérite pas d'assumer la présidence de la SADC tant qu'elle n'aura pas résolu son déficit démocratique interne et son absence de transparence, et tant qu'elle n'aura pas mis fin à la répression incessante des voix de la société civile », dit la déclaration.

Human Rights Watch et Reporters sans frontières (RSF) ont fait parvenir des lettres séparées priant instamment les dirigeants de la SADC de s'attaquer lors du sommet à un certain nombre de préoccupations pressantes concernant les droits de la personne, notamment à l'absence de liberté d'expression et d'assemblée; à la répression des récentes manifestations antigouvernementales qui ont eu lieu à Malawi, au Swaziland et en Angola; ainsi qu'à la violence politique continue et à l'accroissement « alarmant » du nombre des violations de la liberté de la presse au Zimbabwe.

« Empêcher la société civile de partager ses préoccupations avec les dirigeants de la SADC et empêcher les journalistes de rapporter ce dont discutent les dirigeants ne constitue pas une façon de faire preuve de leadership dans la région », dit Human Rights Watch. « L'Angola doit inviter les journalistes et les dirigeants de la société civile à revenir; elle doit rendre les rapports et accueillir leur intérêt et leur participation. »

ADDITIONAL INFORMATION
Alertes liées au même sujet sur ifex.org


Dernier Tweet :

Turkey: President Erdogan dismisses ECtHR ruling that detained former co-chair of the Peoples' Democratic Party, Se… https://t.co/P0qJtNjC3H