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La police écrase les critiques à l'approche des élections

Au beau milieu d’une vague de répression par l’État des manifestations hostiles au gouvernement, un groupe angolais de défense des droits, Omunga, vient de lancer une campagne en faveur du droit de protester
Au beau milieu d’une vague de répression par l’État des manifestations hostiles au gouvernement, un groupe angolais de défense des droits, Omunga, vient de lancer une campagne en faveur du droit de protester

SpyGhana.com

Dans le dernier droit précédant le 10e anniversaire de la fin de la guerre civile en Angola, le 4 avril, les autorités s'appliquent à réprimer les critiques du gouvernement et à arrêter les protestataires. Rien que cette année, les autorités ont mis fin à cinq rassemblements anti-gouvernementaux et arrêté au moins 46 protestataires, selon les indications d'un nouveau rapport de Human Rights Watch.

Des policiers en uniforme, selon toute apparence en coordination avec des policiers armés en civil et d'autres agents de sécurité, se sont attaqués violemment à des manifestants anti-gouvernementaux « parce qu'ils créaient de l'instabilité ». Selon Human Rights Watch, c'est la tentative du gouvernement pour mettre un frein à un mouvement de protestation naissant promu depuis mars 2011 par des groupes de jeunes.

Les manifestations du 10 mars ont été particulièrement désagréables.

Des groupes qui manifestaient à Cazenga contre la nomination récente de Suzana Inglês à la présidence de la Commission électorale nationale ont été reçus par une dizaine de policiers en civil armés de bâtons de bois et de métal, de couteaux et de pistolets. Au moins trois manifestants ont été blessés. Certains manifestants et des journalistes ont tenté de se réfugier dans des maisons à proximité afin d'échapper à la violence.

Des témoins ont indiqué à Human Rights Watch que des agents de la police présents sur les lieux se sont retirés lorsque des policiers en civil armés sont arrivés, et ne sont pas intervenus contre leurs agressions, en dépit d'appels à l'aide.

Les partis d'opposition soutiennent que Inglês n'est pas impartiale, parce qu'elle est un membre important de l'organisation des femmes du parti au pouvoir.

Trois hommes qui participaient à une manifestation du même genre à Benguela ont été arrêtés et condamnés à 45 jours de prison pour des délits de désobéissance et d'agression contre la police. Ils ont par la suite été libérés sous caution.

Un grand nombre de manifestants ont dit à Human Rights Watch qu'ils avaient reçu des appels anonymes au téléphone les menaçant, eux et leurs familles, et qu'ils étaient suivis par des gens en voiture. Certains ont dit avoir porté plainte, mais que la police ne leur avait pas dit s'il y avait eu une enquête.

D'après Human Rights Watch, les enquêtes officielles n'ont débouché sur aucune poursuite contre les assaillants - même ceux qui avaient été identifiés par les manifestants et les témoins oculaires. Le ministre de l'Intérieur Sebastião Martins a nié récemment quelque implication que ce soit de la police dans la violence.

Par ailleurs, la télévision d'État a diffusé des menaces proférées par des groupes anonymes affirmant défendre la paix contre les manifestants anti-gouvernementaux, indique Human Rights Watch.

Au cours de la dernière année, les membres de l'IFEX ont couvert abondamment le recours inutile par la police à une force excessive lors des manifestations anti-gouvernementales comme celle du 10 mars, ainsi que les menaces, l'intimidation et les arrestations arbitraires de journalistes et de militants politiques par la police et autres agents de sécurité en Angola.

Lors d'un incident visant directement les médias indépendants, le 12 mars, plus d'une dizaine de policiers ont procédé à une descente dans les bureaux de l'hebdomadaire « Folha 8 », l'une des deux dernières publications indépendantes du pays, rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Tous les ordinateurs de l'hebdomadaire ont été confisqués, ce qui a eu pour effet de paralyser ses opérations.

Le raid s'est déroulé en lien avec une enquête sur la publication d'un montage photographique satirique qui tournait en ridicule le Président et d'autres membres du pouvoir exécutif.

« Folha 8 » a publié des reportages sur la corruption gouvernementale et a aussi couvert les récentes manifestations anti-gouvernementales qui contestaient les 32 ans au pouvoir du Président José Eduardo dos Santos, indique le CPJ.

« Le gouvernement angolais doit respecter les droits fondamentaux des gens de se rassembler paisiblement et d'exercer leur liberté de parole plutôt que de punir ceux qui critiquent ainsi que l'opposition politique », dit Human Rights Watch. « Les mesures de répression du gouvernement n'augurent rien de bon pour ce qui est d'avoir des élections parlementaires paisibles. » Les élections sont prévues pour le 5 septembre, les troisièmes seulement depuis que le pays a accédé à l'indépendance du Portugal, en 1975.

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