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RSF s'inquiète de la recrudescence des attaques contre la presse dans le nord-ouest du pays

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières exprime son inquiétude après la recrudescence des menaces et des tentatives de censure exercées ces dernières semaines à l'encontre de médias locaux du nord-ouest du pays, dont certaines dégénérant même en actes criminels. Ces attaques illustrent les graves difficultés que doivent affronter les journalistes qui souhaitent affirmer leur liberté éditoriale et leur ton critique, notamment vis-à-vis des autorités provinciales. Des responsables de médias ont témoigné auprès de l'organisation de la dégradation de leurs conditions de travail.

"Malgré une situation de la liberté de la presse globalement satisfaisante, les médias locaux sont encore trop nombreux à risquer des représailles, plus ou moins directes, d'autorités locales ou provinciales dont ils contestent la gestion, à pâtir de la faiblesse de réactions de ces dernières lorsqu'ils sont les cibles d'attaques ou encore à être en butte à la menace de suppression de la publicité officielle. Nous espérons que les faits survenus dans les provinces de La Rioja et Salta seront rapidement résolus par la justice et sanctionnés", a déclaré Reporters sans frontières.

José Luis Campillay est directeur de l'hebdomadaire privé "Chilecito", fondé dans la localité du même nom. Le 9 novembre 2008, quarante-huit heures après la publication d'un numéro dont la couverture dénonçait des irrégularités de gestion attribuées au gouverneur de la province de La Rioja (Nord-Ouest), Luis Beder Herrera, le journaliste a reçu des appels anonymes visant à l'intimider et sa voiture a été endommagée par une brique, et trafiquée. Un message de menace y a même été inscrit, et reproduit plus tard lorsque sa maison a été vandalisée. Le directeur désigne très clairement les pouvoirs locaux: "Ils essayent de nous faire plier, mais nous ne marchandons pas nos choix éditoriaux", a-t-il réaffirmé à l'organisation.

Néstor Bosetti, directeur de la radio privée Radio Fénix, basée dans la capitale de la province, a relaté quant à lui les menaces téléphoniques adressées fin octobre à la mère d'une chroniqueuse, Ximena Marenco, et les "persécutions politiques" à l'encontre du média. Depuis la dernière semaine de novembre, la censure s'est notamment exercée par la suspension de la publicité officielle, source de financement importante pour les radios locales du pays. Le directeur ajoute que le gouvernement provincial tente de "discréditer socialement" la radio et ses employés : lui-même a été accusé par le ministre provincial de la Sécurité et de la Justice d'avoir des liens avec le narcotrafic. "Sur notre antenne, les gens peuvent dire ce qu'ils veulent, ça dérange le gouvernement", a-t-il conclu.

Dans la province de Salta (Extrême Nord-Ouest), les attaques envers les médias ont pris une tournure beaucoup plus grave après l'incendie criminel des locaux de Radio Uno, dans la localité de Joaquín V. González, dans la nuit du 26 novembre, d'après les informations rapportées par le Forum de journalisme argentin (FOPEA). C'est son propriétaire, Daniel Barboza, qui est domicilié avec sa famille dans le même bâtiment, qui a surpris deux individus s'enfuyant des lieux en abandonnant des bidons d'essence, alors que les flammes s'étaient déjà propagées dans la majeure partie des installations. Le journaliste a estimé les dommages à près de vingt mille pesos (environ 4 600 euros). Il a établi un lien entre cet attentat et les critiques sévères exprimées à l'antenne à l'encontre du propriétaire d'une autre radio de la localité. Il s'est également plaint du manque de soutien des autorités provinciales, qu'il a alertées, face à cette situation.

Le 24 octobre, au lendemain de l'agression de deux journalistes du quotidien économique de Buenos Aires "El Cronista", Enrique Llamas de Madariaga et Julio Villalonga, par le patron d'entreprise Daniel Vila, la députée fédérale Diana Beatriz Conti (issue du Parti justicialiste, au pouvoir) a présenté un projet de résolution à la Chambre basse du Congrès relatif à la sécurité des journalistes. "Le consensus n'est pas encore acquis sur ce point. Des conflits partisans retardent encore le débat", a regretté la députée, lors d'un récent entretien avec l'organisation. Reporters sans frontières espère que ce projet de résolution sera rapidement débattu et adopté au Congrès.

Pour des informations complémentaires sur l'incendie criminel des locaux de Radio Uno, cliquer ici (anglais seulement): http://www.ifex.org/en/content/view/full/98972

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