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Des généraux de la « Sale Guerre » sont condamnés; de nombreuses stations de radio sont attaquées

Rodolfo Walsh a été assassiné en 1977, le lendemain de la publication de sa « Lettre ouverte d'un écrivain à la Junte militaire »
Rodolfo Walsh a été assassiné en 1977, le lendemain de la publication de sa « Lettre ouverte d'un écrivain à la Junte militaire »

Au cours des deux derniers mois, de nombreuses stations de radio ont été violemment attaquées dans des incidents séparés et de diverses manières - qui vont de l'incendie criminel jusqu'au braquage à main armée et au vandalisme - ce qui dénote des efforts systématiques pour censurer les ondes dans toute l'Argentine, rapportent le Forum du journalisme argentin (FOPEA), les Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE) et Reporters sans frontières (RSF). Par ailleurs, le FOPEA a fait part de sa « profonde satisfaction » après que les assassins d'un journaliste mort en 1977 eurent enfin été traduits en justice.

Le fait que les assaillants aient opéré jusqu'à maintenant en toute impunité laisse planer une ombre sur la bonne nouvelle de la condamnation de certains des responsables des meurtres de journalistes et de civils pendant la « Sale Guerre » qui s'est déroulée en Argentine pendant les années 1970 et 1980. Le 26 octobre, 16 anciens officiers de l'armée et de la police ont été condamnés pour quelques-uns seulement des 30 000 meurtres commis à l'époque, rapportent le FOPEA et RSF. Entre 1974 et 1983, 112 journalistes ont été assassinés ou ont « disparu » en Argentine, dont le journaliste et écrivain Rodolfo Walsh. Ses assassins, Alfredo Astiz et Jorge Acosta, ont été condamnés à la prison à vie.

Alors que le gouvernement de l'Argentine doit être félicité pour avoir enfin fait tomber l'amnistie dont jouissaient les officiers de l'armée et pour les avoir traduits devant les tribunaux, une attente de 30 ans pour obtenir justice pour les exécutions et les meurtres de dizaines de milliers de personnes est tout simplement trop longue. Ce n'est là qu'un des nombreux exemples épouvantables qui font comprendre l'importance de la Journée internationale contre l'impunité, le 23 novembre.

Par ailleurs, on ne rapporte aucune arrestation en rapport avec les quatre derniers attentats survenus récemment contre des stations de radio en Argentine.

Le 10 septembre, deux assaillants sont arrivés à la porte des bureaux de Pajsachama FM dans la province de Santiago del Estero en disant qu'ils voulaient livrer un message. Une fois à l'intérieur, ils ont sorti leurs armes et enfermé les employés dans une salle, et ont ensuite répandu de l'acide sur l'équipement et coupé les câbles avant de s'enfuir, selon ce que rapporte le FOPEA. Pajsachama FM est une petite station rurale qui compte 15 employés, qui se concentre sur les droits des peuples autochtones. Elle ne peut reprendre facilement la radiodiffusion par elle-même. Le FOPEA invite les autorités à remplacer l'équipement tandis que RSF évalue les dommages et donne un coup de main pour relancer la station.

Le 15 septembre, on a mis le feu au principal terminal de radiodiffusion de télévision et de radio de Norte Visión Satelital dans la province de Salta, ce qui a entraîné l'interruption de la diffusion pendant quatre heures, d'après le CJFE, RSF et le FOPEA. Le 30 septembre, un attentat plus sérieux à l'incendie criminel a eu lieu à la station de radio 93,3 FM de la province de Buenos Aires, selon ce que rapportent les membres de l'IFEX. D'après le FOPEA, la station a été complètement détruite par un incendiaire non identifié, masqué, qui a été capté par les caméras de sécurité. Une autre station installée dans l'immeuble, 100,5 FM, a dû quitter les ondes à cause de l'incendie mais n'a pas été touchée, indique le FOPEA.

À peine quatre jours plus tard, Norte Visión Satelital, propriétaire des deux stations de radio et de télévision, a de nouveau été attaquée, des vandales non identifiés ayant coupé les câbles qui soutenaient son antenne - un geste qui exigeait de la détermination et de la préparation, a fait remarquer le propriétaire Daniel Longarela dans une interview à RSF. L'antenne est tombée et a endommagé d'autres antennes, ce qui a forcé en tout 15 stations à quitter les ondes, selon le FOPEA. Longarela a dit à RSF qu'il ne pouvait voir de motif d'attaquer la station.

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