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Le tabassage d'un photographe, dernière d'une suite de violations par les forces de sécurité en Argentine

Les manifestations de protestation à Buenos Aires et à la périphérie contre les interruptions prolongées de courant ont donné lieu à des scènes où les manifestants et les journalistes ont été maltraités par les forces de sécurité
Les manifestations de protestation à Buenos Aires et à la périphérie contre les interruptions prolongées de courant ont donné lieu à des scènes où les manifestants et les journalistes ont été maltraités par les forces de sécurité

AP Photo/Victor R. Caivano

Le 30 décembre 2013, le photographe pigiste Brian Palacio a été détenu et passé à tabac par des gendarmes de la province de Buenos Aires tandis qu'il couvrait une manifestation contre les interruptions constantes de courant qui sévissent dans la capitale et à la périphérie. Selon le membre local de l'IFEX, le groupe Foro de Periodismo Argentino (FOPEA), Palacio avait commencé à prendre des photos des officiers qui battaient des manifestants près du centre commercial Alto Avellaneda. Après s'être fait dire de cesser de prendre des photos, Palacio s'est approché des gendarmes pour leur dire qu'il allait les effacer. C'est alors que les gendarmes l'ont contraint à monter dans une camionnette, qu'ils l'ont emmené sur un terrain vague où ils l'ont retenu pendant des heures, et l'ont frappé et menacé de le jeter dans la rivière Riachuelo.

Palacio, 25 ans, a déclaré en outre à Reporters sans frontières (RSF) avoir été menacé de représailles, y compris de viol et de torture, s'il portait plainte. Les gendarmes lui ont volé son appareil et de l'équipement, qui ne lui ont toujours pas été rendus.

Le photographe a déclaré que pendant qu'il se faisait agresser il respirait difficilement et qu'il a cru qu'il pourrait mourir. Ses ravisseurs ont fini par l'abandonner dans un terrain vague, et Palacio a appris d'enfants qui étaient là qu'il se trouvait à Wilde, dans la province de Buenos Aires. Le matin du 31 décembre, il a pu se rendre chez lui où ses parents l'ont cueilli pour le conduire dans un centre médical, où il a été traité pendant quatre heures. On lui a notamment retiré une éclisse du bras gauche.

La mère de Palacio, Gabriela Flores, a rapporté l'agression contre son fils au bureau du procureur public d'Avellaneda le 31 décembre, et le 3 janvier Palacio a déposé un autre rapport au bureau, en dépit des menaces de châtiment de la part de ses agresseurs. Bien qu'il n'y ait eu aucun témoin du passage à tabac, certains manifestants l'ont vu être détenu par les gendarmes.

Malheureusement, la réponse des autorités n'est pas encourageante. Le secrétaire responsable de la Sécurité nationale, Sergio Berni, a déclaré au FOPEA que les accusations de Palacio « sont complètement fausses » et que la Gendarmerie avait porté plainte en Cour fédérale pour qu'on enquête sur les allégations de Palacio. Il a ajouté qu'il n'y avait pas de témoins ni d'appareils photo pour corroborer le récit de Palacio et que la famille de celui-ci est soupçonnée de monter de faux dossiers. « Pourquoi la Gendarmerie s'embarrasserait-elle d'un photographe ? » a-t-il demandé.

Berni a poursuivi en disant que si un juge fédéral constatait que Palacio disait la vérité, les gendarmes responsables seraient châtiés, mais qu'il estimait que les accusations étaient fausses et que c'est Palacio, en fin de compte, qui sera châtié. Lorsque le FOPEA lui a demandé si son bureau avait contacté Palacio pour avoir sa version des événements, le fonctionnaire a répondu qu'étant donné qu'il prêtait très peu de foi au récit du photographe, lui parler directement n'était pas justifié.

L'agression contre Palacio n'est qu'un incident qui s'inscrit dans une vague d'incidents violents survenus récemment contre la libre expression en Argentine. Les forces de sécurité du pays ont commis bien des violations en 2013, notamment contre des manifestants qui participaient à des protestations de la police, et on note des allégations d'espionnage de politiciens et de journalistes par l'armée. « Les violations commises par les forces de sécurité... ça ne peut plus continuer », dit RSF, faisant allusion à l'agression contre Palacio. « Le ministère de la Justice doit signaler sa détermination à mettre fin à l'impunité. »

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