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La société civile est muselée à la conférence de l'ANASE

Des représentants de la société civile ont été empêchés de participer à une assemblée de l'Association des nations de l'Asie du Sud-est (ANASE), tandis que des officiels des gouvernements de la Birmanie et de Singapour, entre autres, ont saboté la conférence qui s'est tenue la semaine dernière en Thaïlande, selon ce que rapporte l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud-Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA).

Une conférence qui devait offrir à la société civile un espace pour dialoguer avec des représentants de gouvernements a été sapé par les gouvernements du Cambodge, du Laos, de Singapour, des Philippines et de la Birmane, rapporte la SEAPA. Les cinq pays ont empêché la participation de représentants de leur société civile, ce qui entache la crédibilité de la Commission inter-gouvernementale de l'ANASE sur les droits de la personne (AICHR), fait valoir une déclaration des organisateurs du Forum des peuples de l'ANASE (FPA).

Le 22 octobre, des officiels du ministère thaïlandais des Affaires étrangères ont dit aux organisateurs de la rencontre que cinq personnes sur les dix qui composaient la délégation de la société civile ne seraient pas autorisées à prendre la parole lors de l'événement, ni à rencontrer des chefs d'État des pays de l'ANASE, a indiqué le FPA. Les représentants ont aussi été sidérés lorsqu'ils ont appris que Singapour et la Birmanie avaient choisi des membres d'agences parrainées par les gouvernements pour remplacer certains membres d'organisations non gouvernementales. La Birmanie a choisi deux membres de l'Association de lutte contre les narcotiques, dont l'un est un ancien haut gradé de la police.

De telles actions ont vidé la rencontre de toute signification, dit le FPA. Le résultat, c'est que la Thaïlande, la Malaisie et l'Indonésie ont boycotté la réunion.

D'après le FPA, les membres de la société civile étaient déterminés à rencontrer des représentants des États afin d'entamer un dialogue, « en dépit des insultes et des obstacles générés par certains officiels ». Mais l'engagement s'est avéré à sens unique, certains membres étant empêchés d'assister à l'événement tandis que d'autres ont été essentiellement « bâillonnés ».

« Nous croyons fermement que le rejet de nos représentants, qui ont été choisis démocratiquement, constitue un rejet de la société civile et du processus démocratique », font valoir les organisateurs.

Debbie Stothard, coordonnatrice du Réseau alternatif de l'Asean (Altsean), a déclaré à Mizzima News qu'en rejetant la société civile, les gouvernements de l'ANASE ont violé leur propre charte, qui est censée défendre le concept de « communauté centrée sur le peuple ».

« The Irrawaddy » rapporte que les dirigeants de l'ANASE ont adopté lors du sommet une approche « molle » vis-à-vis de la Birmanie, appelant la junte à tenir en 2010 des élections libres et équitables.

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